Ubisoft sortait le 11 novembre le très attendu Assassin’s Creed Unity. Disponible uniquement sur les consoles de type nouvelle génération (Play Station 4 et Xbox One) ainsi que sur PC, la grogne se faisait sentir de la part des amateurs de la franchise restés sur les anciennes consoles. C’est donc dans l’ombre que Assassin’s Creed Rogue est sorti simultanément. Jeu de consolation ou coup de marketing génial de la part des concepteurs ? Critique et analyse des nouveaux-nés d’Ubisoft.

Assassin’s Creed Unity: Une réussite mitigée

Développeur : Ubisoft Montréal

Testé sur PC

Anthony Doucet

Assassin’s Creed Unity a été annoncé comme une véritable révolution pour la série, parfois en manque d’innovation. Cela tombe bien, car cet épisode se déroule en pleine révolution française, au 18e siècle. On y incarne Arno Dorian, un jeune noble qui, après de tragiques événements, se joint à l’ordre des Assassins et affronte leurs ennemis historiques : les Templiers. Une intrigue classique, mais efficace, qui vous tiendra en haleine une quinzaine d’heures. Ajoutez à cela de nombreuses quêtes secondaires, des objets à collectionner et un tout nouveau mode coopératif fort réussi, et vous obtenez une durée de vie très respectable.

Dès les premières minutes, le passage de la série à la nouvelle génération de consoles se fait sentir.
Le jeu est visuellement très réussi et la ville de Paris est tout simplement magnifique. Il est toujours possible d’escalader les bâtiments et de sauter d’un toit à l’autre grâce à un système de déplacement fluide et spectaculaire, mais malheureusement un peu imprécis. Parmi les nouveautés, on note des combats plus difficiles, l’ajout d’un système de progression, et des phases d’infiltration améliorées, mais toujours un peu brouillonnes.

Le verdict? Bien que le jeu tienne ses promesses et ait de bonnes idées, il manque de finition et ne parvient pas à corriger tous les défauts de la franchise. Il comporte également de nombreux problèmes techniques. Finalement, il est difficile de ne pas soupirer devant le système de microtransactions, qui permet notamment d’acheter des objets plus puissants avec de l’argent réel.

4/5

***

Assassin’s Creed Rogue: Un prix de consolation

Développeur: Ubisoft Montréal

Testé sur PS3

Mathieu Massé

D’emblée, le jeu semble une continuité directe de l’univers où était plongé Black Flag. Situé dans le temps plusieurs décennies après le jeu précédent, les développeurs plongent le joueur dans une nouvelles histoire où la confrérie des assassins est à son apogée dans les colonies américaines.

Au moment où la guerre de Sept Ans est sur le point de se déclencher, le joueur suit Shay Patrick Cormac, un assassin en formation qui, au fil du jeu, se trouve à questionner le fondement des actions de la confrérie. Trahis par ses confrères qui tentent de le supprimer, il pourchassera les assassins à son tour.

Le jeu est basé sur ce précepte. Il est rafraîchissant de trouver une histoire qui n’oppose pas pour une énième fois simplement les assassins aux Templiers. C’est probablement sur cette idée qu’Ubisoft a tenté de créer, car ce n’est si sur le style de jeu ou sur les cartes qu’il y a innovation.

Dans la continuité de Black Flag, l’action se passe en grande majorité sur la mer, mais cette fois-ci, ce sont les vagues de l’Atlantique nord qui bercent les aventures des assassins.

Les bâtiments n’ont en rien changé et la manière de se déplacer dans les cartes non plus. C’est certainement la plus grande déception qui frappe le joueur qui s’attendait à une certaine nouveauté. Le jeu ramène le principe des améliorations urbaines qui permettent d’investir des ressources dans la ville pour en retirer de l’argent. La chasse aux gang d’assassins est aussi bien, quoiqu’un peu brouillonne.

On sent une certaine redondance dans l’utilisation des navires et des batailles navales. Au sens où après avoir joué un nombre incalculable d’heures avec le Jackdaw d’Edward Kenway dans Black Flag, il est un peu frustrant de devoir repartir à zéro. Le même principe d’amélioration très (très) lente de l’équipement mis à la disposition du joueur fait en sorte que le temps est un peu long avant de pouvoir être maître à bord.

Il est toutefois très satisfaisant de revoir des personnages comme Adewalé (quartier-maître du Jackdaw dans Black Flag), bien vieilli dans son attitude et son apparence. Le retour de Achilles (AC 3) en maître assassin jeune et fringant est aussi intéressant, car on avait entr’aperçut son histoire dans AC 3, sans la creuser.

Le chevalier de la Vérendrye est un personnage plutôt bien réussi avec son accent moitié français, moitié québécois, typique de cette époque où les colonies en étaient encore à leurs balbutiements.

Somme toute un très bon jeu pour l’histoire, mais on ne cesse de sentir qu’un peu moins d’investissements ont été mis dans son développement, et ce, en faveur de Unity.

Un jeu de consolation en attendant de pouvoir se permettre la PS4.

3,5/5