On pense souvent, à tort, que Galilée est l’inventeur de la lunette astronomique, mais l’histoire est plus complexe qu’elle en a l’air. Officiellement, la lunette d’approche (ancêtre de la lunette astronomique) a été conçue à la fin du 16e siècle par un inventeur… anonyme ! La première mention de cet outil se trouve dans un ouvrage intitulé La Magie naturelle, datant de 1589, par Giambattista della Porta. La première démonstration publique de la lunette est effectuée par Hans Lippershey, un opticien hollandais. Celui-ci, comme beaucoup d’autres, tentera d’en acquérir le brevet. Les lunettes d’approche de l’époque, bien que révolutionnaires, ne grossissait que trois fois les objets.

La première grande contribution de Galilée fut d’améliorer considérablement l’instrument en permettant un facteur de grossissement par 30. Bien que les lunettes fabriquées à l’époque ne permettent pas l’obtention d’une image nette, Galilée réussit tout de même à effectuer quelques observations révolutionnaires. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un homme contemple les cratères de la Lune (en 1609), les phases de la planète Vénus (1610) ainsi que quatre des plus gros satellites de Jupiter (1610). Ces observations auront une importance considérable concernant la place de l’homme dans l’univers.

À l’époque, l’astronomie se résumait souvent à la spéculation. En observant les cratères lunaires, Galilée démontre que les objets célestes sont loin d’être parfaitement sphériques, comme le pensait Aristote. Plus important encore, les observations de Vénus et de Jupiter viennent appuyer la thèse héliocentrique de Copernic, selon laquelle le Soleil est le centre du système solaire autour duquel les planètes gravitent. De plus, en montrant que Jupiter possède aussi des satellites, il permet de désacraliser le concept de géocentrisme issu des anciens grecs voulant que tous les astres tournent autour de la Terre qui, elle, est fixe.

Malheureusement pour le père fondateur de la physique moderne, l’époque est mal choisie pour faire ces constatations. En 1616, l’Église catholique romaine condamne la thèse de Nicolas Copernic et l’héliocentrisme. Galilée est épargné, mais ses ennemis se font de plus en plus insistants. En 1632, Galilée publie un livre s’intitulant Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Cet ouvrage commandé par le pape Urbain VIII fait scandale dès sa publication. Le livre qui devait être une présentation objective de l’héliocentrisme et du géocentrisme est en fait un pamphlet copernicien. Un procès est intenté par la sainte inquisition et le verdict survient le 22 juin de l’année suivante. Galilée est reconnu coupable, à
70 ans, de ne pas avoir respecté la décision de l’Église en continuant de répandre ses théories. La peine de prison à vie est vite commuée en résidence à vie par le pape. C’est au moment du procès que Galilée aurait fait cette déclaration légendaire: «Eppur si muove» (Et pourtant, elle tourne !). L’église n’admettra son erreur qu’en 1981!

Bonne année de l’astronomie !