Sur le campus universitaire, le président du Groupe gai de l’Université Laval (GGUL), Michel Bigras, tenait une conférence pour mieux cerner la raison du désintérêt envers la maladie qui aura tuée près de 31 millions de personnes à la fin 2010.

Encore aujourd’hui la communauté gaie est constamment victime de préjugés homophobes. Le GGUL, par le biais de son site internet ou de son service téléphonique, offre de nombreux services à l’intérieur du campus universitaire. Selon son président, les jugements dont sont affectés les gais et lesbiennes par rapport au sida restent importants. Ces stigmates sont-ils trop répandus? Pour Michel Bigras, non car «à la base, 50% des sidéens sont des hommes homosexuels. Il il aura toujours une étiquette rattachée à ça», déplore-t-il. «Veut, veut pas, on n’entends pas beaucoup parler [de la maladie] et les choses ne s’améliorent pas. Il y a de plus en plus d’infections et le taux [d’infection] ne fait que croître. Donc, est-ce qu’on en parle assez, probablement pas», estime M. Bigras.

Le modèle, né de l’ignorance, du jeune homosexuel junkie et sidéen, n’est pas près de disparaître, selon le président du GGUL. Michel Bigras dénonce principalement le manque d’éducation et d’information au grand public.

Dans un rapport émis en 2005 dans le cadre de la campagne «Arrêtons le sida», le gouvernement canadien a formulé les «vœux pieux» que le public de 2010 soit davantage sensibilisé à l’impact du VIH, qu’il en comprenne les facteurs qui contribuent à l’épidémie, qu’il connaisse les infections transmises sexuellement ou par le sang et qu’il reçoive une éducation sexuelle globale et cohérente.

Travaillant aussi à l’éducation des jeunes dans les écoles de la région Chaudière-Appalaches, Michel Bigras est au fait de la perception des jeunes sur la maladie, cinq ans après la publication de ces objectifs: «C’est excessivement utopique. On dit qu’il faut plus d’éducation sexuelle dans nos écoles. Mais premièrement on s’entend pour dire que le gouvernement fédéral ne s’occupe pas de l’éducation dans les provinces et deuxièmement, au Québec en tout cas, il n’y a plus d’éducation sexuelle donnée dans les cours».

Cette année, la Journée Mondiale du sida aura marqué la fin de la campagne «Arrêtons le sida. Tenons notre promesse.». Les intervenants du milieux s’entendent pour dire que l’ignorance de cette importante réalité sociale, dont l’éducation est le principal vecteur, n’aidera en rien l’éradication du fléau du VIH/sida.