L’équipe du Dr. Serge Rivest, professeur à la faculté de médecine de l’Université Laval, chercheur du CHU de Québec, et de la pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) ont découvert une façon de stimuler les mécanismes de défense naturelle du cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Catherine Gilbert

L’Alzheimer est une maladie progressive, dégénérative et mortelle qui détruit les cellules du cerveau. Au Canada, la majorité des personnes qui souffrent d’un trouble cognitif, c’est-à-dire 64% d’entre elles, sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette maladie ne fait pas partie du processus normal de vieillissement. Parmi les symptômes, mentionnons les troubles de la mémoire et les difficultés à prendre des décisions et à mener à bien les tâches de la vie quotidienne. La manière de ressentir les choses et d’agir sur son environnement est également affectée.

La maladie d’Alzheimer est caractérisée par la production d’une molécule toxique, la bêta-amyloïde, dans le cerveau. Les patients étant atteints de la maladie sont incapable d’éliminer cette toxine ce qui cause des dépôts nommés plaques séniles. L’équipe du Dr. Serge Rivest s’est penchée sur une façon de stimuler le système immunitaire afin que celui-ci élimine la bêta-amyloïde.

Découverte de la molécule

L’équipe de scientifiques a démontré que la monophosphoryle lipide A (MPL) est une molécule capable de stimuler les cellules immunes du cerveau en induisant une forte réponse des phagocytes. Ceux-ci détruisent la bêta-amyloïde présente dans le cerveau. Cette molécule est sécuritaire chez l’humain et a déjà été administré auprès de millions de personnes comme étant un composant dans plusieurs types de vaccins.

Des injections hebdomadaires sur des souris ayant des symptômes de la maladie d’Alzheimer de MPL ont été effectuées. Après douze semaines d’expérimentation, les chercheurs ont pu observer une diminution de 80% des plaques séniles. De plus, à la suite de tests d’apprentissage d’une nouvelle tâche, ils ont constaté que les fonctions cognitives des souris s’étaient améliorées grandement.

Deux utilités pour le MPL

Selon le Dr. Serge Rivest, le MPL pourrait être administré par injection intramusculaire aux gens atteints de la maladie d’Alzheimer pour ralentir la progression. La molécule pourrait également être incorporée dans un vaccin préventif ayant pour but de stimuler la production d’anticorps contre la bêta-amyloïde et il serait donné aux personnes ayant des risques de développer la maladie.