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Des publicités critiquant fortement l’utilisation de porcelets dans la formation des médecins à l’Université Laval ont été retirées des abris bus plus tôt en avril, à la demande de l’institution. Selon le Physician Committee for Responsible Medecine (PCRM), l’UL est la seule université au Canada à utiliser cette technique dite archaïque par ses détracteurs. Impact Campus est allé à la recherche des points de vue dans cette histoire.

Mathieu Massé

Les publicités affirmaient que la formation des médecins de l’UL était inadéquate. Selon un sondage réalisé auprès de 213 programmes de médecines aux États-Unis et au Canada, Laval serait la seule sur 16 institutions canadiennes à utiliser des cochonnets et parmi les trois seules dans les deux pays combinés.

Selon le Dr John Pippin du PCRM, « L’utilisation continue d’animaux à l’Université Laval pour la formation en pédiatrie est une méthode d’enseignement de qualité inférieure qui a été rejetée par tous les autres programmes en pédiatrie au Canada. »

Nécessaire selon l’UL

Selon le Dr Bruno Piedboeuf, vice-doyen de la Faculté de médecine à l’UL et pédiatre néonatalogiste, l’utilisation de cochonnets se fait pour l’apprentissage de techniques très particulières. Lorsqu’un médecin doit installer un drain thoracique sur un nouveau-né, la difficulté réside au moment de percer la peau. « Particulièrement quand on travaille avec des nouveau-nés prématurés quand on pouce pour percer la peau, la cage thoracique se déforme. C’est une sensation qui est particulièrement désagréable », explique le Dr Piedboeuf.

Selon lui, c’est cette sensation précise qu’il n’est pas possible de reproduire sur un mannequin. L’utilisation des porcelets pour cette technique permet donc aux médecins de se familiariser avec cette sensation éprouvante.

De son côté, l’expert en technologies médicales, Diego Mantovani, affirme que les mannequins étant usinés, on n’y retrouve pas toute les petites différences qui sont nécessairement dans le corps humain. « Les mannequins sont tous identiques alors que les hommes ne le sont pas. Encore moins les bébés! », raisonne-t-il.

L’utilisation de porcelets permet donc de pratiquer sur un être vivant, avec toutes ses particularités et ses différences. M. Mantovani continue en poussant plus loin sa réflexion : «Voudriez-vous que votre femme accouche et qu’elle soit manipulée par un médecin qui n’a jamais touché d’organismes vivants?»

Techniques rétrogrades ?

Le Dr Pippin estime que cet argument est « risible. » Selon lui, il n’a jamais été prouvé que le fait d’utiliser des porcelets ou quelque animal que ce soit produit de meilleurs pédiatres. « Les choses qu’on apprend sur des cochons, on doit le réapprendre quand on le fait sur des humains », dit-il. C’est pourquoi il estime que des mannequins calqués sur la physionomie humaine produisent de bien meilleurs médecins.

Le Dr Pippin s’interroge à savoir pourquoi l’Université Laval refuse de changer, alors que tous les autres programmes l’ont fait. Il estime que cette attitude est rétrograde. John Pippin ironise en posant que, peut-être, l’Université Laval posséderait un savoir mystique que les 16 autres universités canadiennes n’auraient pas encore trouvé.

«L’Université Laval a une manière de penser très rétrograde en supposant que l’utilisation de cochonnets fait de leurs étudiants de meilleurs médecins », termine le Dr Pippin.

Jusqu’à maintenant, 547 citoyens québécois ont signé la pétition du PCRM adressée au recteur Denis Brière. L’Université Laval ne manifeste toutefois, jusqu’à maintenant, aucune intention de changer ses habitudes d’enseignement.


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