On ne l’appelle pas Internet pour rien. Le réseau que nous prenons pour acquis est en fait une incroyable réponse à une question fort complexe: «Comment faire pour que tous aient accès à des données éparpillées sur des réseaux différents, sans pour autant hiérarchiser chacun des utilisateurs?»
 
Des FAI jusqu’aux dorsales

Votre fournisseur d’accès à Internet ne fait pas que vous permettre de télécharger ce que vous voulez: il vous connecte indirectement à des réseaux à base de fibre optique (donc à très haute capacité) qui sont eux-mêmes connectés entre eux grâce à des partenariats privés.
 
Au Québec, par exemple, un partenariat entre les différents FAI a donné naissance au Québec Internet eXchange (QIX), un mécanisme permettant de mieux relier le trafic Internet entre deux ordinateur situés dans la province. Ce genre de connexion régionale existe un
peu partout, dont à Toronto et en Colombie-Britannique.
 
Si le Réseau a été développé afin de multiplier les liens entre les plus petits réseaux qui y ont été connectés – comme en fait foi le développement québécois dont il est mention plus bas –, certains pays ne sont pas aussi bien «connectés» que nous le sommes. Ainsi, les événements récents en Tunisie ont permis de souligner la réalité technologique du pays: même si les infrastructures sont très développées, il n’existe qu’un lien, une dorsale – gerée par le gouvernement, d’ailleurs – entre les réseaux du pays et ceux de l’extérieur. Il a donc été facile pour l’État, au fil du temps, de suivre les traces des communications électroniques et d’imposer des mesures de censure sur les données qui quittaient le pays (comme c’est le cas lors de l’utilisation de la plupart des
services).

Une affaire d’universitaires

Un peu comme aux États-Unis, où Internet a pris naissance dans le milieu militaire pour ensuite être développé en bonne et due forme comme un réseau principalement utilisé par les universitaires, le domaine académique a joué un grand rôle dans l’établissement d’Internet au Québec. C’est au Réseau d’informations scientifiques du Québec (RISQ) qu’est revenue la responsabilité, à la fin des années 1980, de relier les centres universitaires du Québec entre eux, puis de relier le réseau ainsi créé à l’Internet américain.
 
Depuis ce temps, le RISQ a connecté les universités, les institutions collégiales et bien des commissions scolaires entre elles et au réseau global. La présence de «miroirs» – des serveurs gardant une copie de fichiers ou de sites Web complets à des endroits distincts à des fins
de performance – commerciaux au sein du RISQ permettent aussi de limiter la distance que les bits ont à parcourir pour s’afficher sur les écrans des québécois.