Impact Campus : Pourriez-vous nous parler un peu du projet qui a été retenu pour le concours?

Julie Godbout : [Mon texte] présentait un chapitre de mon doctorat que j'ai fait en sciences forestières. C'est un mélange d'écologie et de bio-moléculaire, ce qu'on appelle de l'écologie moléculaire, plus particulièrement de la philo-géographie. Le but est d'étudier la diversité génétique d'une espèce et de la mettre en relation avec la distribution géographique de cette diversité. J'ai identifié dans les maritimes une population distincte de pin gris. L'hypothèse est que pendant la glaciation, qui c'est terminée il y a 10 000 ans, il y aurait eu un groupe d'arbre qui aurait été isolé sur la côte est pendant à peu près 75 000 ans.

Impact Campus : Comptez-vous continuer à faire de la vulgarisation scientifique?

JG : J'aimerais continuer à écrire et faire de la vulgarisation mais j'ai rencontré des professionnels et ils m'ont dit de continuer en recherche. Ils n'avaient pas lu ce que j'avais écrit mais il y a plus de possibilités dans ce domaine. Le journalisme scientifique se limite au nouveau Ipad, l'insolite, des nouveaux médicament contre la cancer ou fait des liens entre ce qu'on mange et les maladies. On devrait publier plus de recherches fondamentales et les scientifiques ont tout intérêt à les publiciser. Cela démystifierait les idées préconçues sur le monde de la science. Quand à Découverte on voit un chercheur avec un sarrau, ce n'est pas vrai, ça n'existe pas. Un chercheur c'est dans son bureau. Il écrit des demandes de subvention, fait beaucoup de gestion. Je vais continuer en recherche, mais j'aimerais pouvoir, à la pige, écrire de temps en temps.

Impact : Auriez-vous un conseil pour ceux qui désirent vulgariser leurs travaux scientifiques?

JG : On a souvent l'impression que [la recherche] est trop compliquée. C'est en fait très souvent une question de vocabulaire. Il est important de clarifier les choses dès le début en utilisant des mots compris de tous. Après il ne faut pas s'inquiéter de faire comme si les gens avait sept ans et demi. S'ils veulent le lire, c'est que ça les intéresse et il faut faire confiance à leur intelligence.

Crédit photo : Claudy Rivard