Le continent africain a récemment fait la Une avec l’Éthiopie qui, depuis plusieurs mois, fait face à des changements progressifs pour une meilleure inclusion, un maintien de la paix et un avancement vers l’égalité des genres.

La République démocratique fédérale de l’Éthiopie est située à l’est dans la corne du continent Afrique entourée de six pays : Érythrée, Djibouti, Somalie, Kenya, Soudan et Soudan du Sud. Le pays regorge d’une diversité incroyable : quatre langues parlées avec trois principales religions dont l’islam, le copte et animiste et de multiples groupes ethniques. Ancienne colonie de l’Italie, elle obtient son indépendance en 1993.

Actuellement, différents médias internationaux, dont BBC News, constatent le progrès et les changements depuis la nomination du premier ministre Abiy Ahmed. Ce dernier réformateur a amené deux grandes évolutions qui risquent de changer les situations politiques et sociales.

Réconciliation avec Érythrée

En septembre dernier, après 20 ans de guerre froide, Abiy Ahmed et le président de l’Érythrée, Issaias Afeworki, ont rouvert leur frontière au jour du Nouvel An éthiopien. Les frontières avaient été bloquées en raison d’un conflit territorial faisant au plus de 80 000 morts. Depuis la réouverture des frontières, les deux pays reconstruisent peu à peu une solidarité avec le rétablissement des liaisons aériennes, des lignes téléphoniques, et la réouverture des ambassades à Asmara et Addis Abeba.

De plus, cette réunification apporte une prospérité économique. Tel que rapporté par TVA 5 MONDE Afrique : « un accès à la mer Rouge via les ports érythréens d’Assab et de Massawa faciliterait grandement les importations et exportations éthiopiennes qui passent essentiellement par Djibouti ».

La réconciliation apporte aussi un réconfort aux populations des deux pays, plusieurs personnes étant séparées de leurs proches depuis plusieurs années, ne pouvant même plus participer à des évènements sans tensions tels que les mariages ou les funérailles.

L’émancipation des femmes

Abiy Ahmed a aussi centré ses interventions autour de l’émancipation des femmes lors de son mandat. Pour la première fois dans l’histoire du pays, les femmes représentent 50% du cabinet avec vingt positions ministérielles. Pour donner suite à plusieurs de ses réformes, ce dernier tient à souligner le leadership des femmes : « Nos femmes ministres vont réfuter le vieil adage selon lequel les femmes ne peuvent pas diriger ». De plus, ces Éthiopiennes prennent des positions ministérielles hautes telles que la Défense, Aisha Mohammed étant la première à occuper ce poste de ministre.

C’est une semaine après avoir mis en place la parité au cabinet que Abiy Ahmed met de l’avant pour une première fois, la première ministre pour le prochain mandat, Sahle-Word Zewde. Cette dernière a travaillé dans l’ambassade éthiopienne au Sénégal et au Djibouti. Elle a occupé plusieurs postes aux Nations-Unis, particulièrement avec la réconciliation de la paix avec la République Démocratique du Congo (RDC).

Quant à la justice, Meaza Ashenafi, éminente avocate des droits de l’Homme en Éthiopie, fut nommée première femme à présider la Cour suprême fédérale du pays. Madame Ashenafi a fondé en 1995 The Ethiopian Women’s Lawyers Association. Elle a aussi travaillé pour la Commission pour l’Afrique de l’Économie, des Nations Unies et a contribué à développer Fana Broadcasting Corporate (FBC), une banque pour le besoin économique des femmes.

Quelques changements apportés en peu de temps ont ainsi eu un impact considérable sur la situation de l’Éthiopie, en pleine émancipation. Les mesures du premier ministre tiennent non seulement à amener une meilleure représentation des genres, mais aussi à montrer que les femmes peuvent prendre des décisions politiques dans une société majoritairement contrôlée par des hommes.