Après l’effervescence créée par les festivités estivales du 400e anniversaire de la Ville de Québec, les investisseurs locaux ont le vent dans les voiles et proposent plusieurs projets d’envergure. Entre la construction d’un nouvel amphithéâtre, susceptible d’accueillir une équipe de la Ligue nationale de hockey, et celle d’un nouveau stade de football en prévision de l’arrivée d’une franchise de la LCF à Québec, l’optimisme a l’égard des projets sportifs est de retour à Québec, et Gilles Lépine est en accord avec cette attitude. «Je suis très heureux de l’attitude constructive qu’il y a dans la ville présentement. On baigne dans le positivisme, donc je suis très content qu’il y ait des projets sur la table», affirme-t-il.

En plus des bienfaits économiques que de tels projets pourraient apporter aux citoyens et à la municipalité, M. Lépine y voit un élément de cohésion sociale important et des retombées dépassant largement le cadre sportif. «Même si on ne peut pas tous les avoir (les projets), au moins, ayons des projets constructifs, des projets rassembleurs. Je pense que c’est dynamisant pour une ville, une municipalité, un regroupement de gens. Ça apporte un feeling positif, je trouve que c’est bien. C’est ça qui fait qu’on grandit comme groupe, que ce soit comme individu, comme université ou comme ville», continue-t-il.

Le Rouge et Or à la source
Depuis plusieurs années, le Rouge et Or enchaîne les succès avec chacun des treize clubs formant son programme d’excellence. Mais l’organisation la plus médiatisée reste le club de football, qui attire plus de 10 000 spectateurs à chaque rencontre à domicile. Cette visibilité en fait le fer de lance du programme et la poule aux œufs d’or de l’Université Laval. «Le football, c’est la locomotive et c’est le même principe au Québec qu’aux États-Unis. Il représente 50% de l’envergure médiatique de l’Université Laval. Ça attire les médias et les gens, et en plus notre équipe est bonne», commente Gilles Lépine. Justement, ce succès de foule et d’estime a amené des investisseurs locaux à réfléchir à l’arrivée de la LCF à Québec. Gilles Lépine réfute l’hypothèse que cette situation nuirait à la popularité du Rouge et Or. «Il y a des gens qui vont aller voir les deux, tant mieux, ça veut dire que le football s’est développé au fil du temps. Le Rouge et Or a sûrement été contributeur là-dedans. En termes d’accessibilité et en termes de prix, ce qu’on a comme mission est différente. Une entreprise privée a tout à fait le droit de faire de l’argent en amenant une équipe professionnelle. Mais pour nous autre, il y a un objectif de développement du sentiment d’appartenance envers l’Université, pour les gens de l’extérieur, mais surtout pour les étudiants», analyse M. Lépine. Et il renchérit en prenant l’exemple des grandes villes états-uniennes qui attirent «des foules de 92 000 personnes le samedi après-midi, puis le dimanche, il y a un match de la ligue nationale, qui attire tout autant de monde».

Pas dans ma cours
Gilles Lépine ne voit donc aucun inconvénient à l’arrivée d’une équipe de la LCF à Québec. Par contre, il n’est pas question de partager les infrastructures du Peps avec une organisation professionnelle. «Le stade [du Peps] héberge aussi les équipes de soccer et de rugby. On y fait une utilisation multifonctionnelle très importante pour l’ensemble du programme du Rouge et Or. Alors si la question d’amener une équipe professionnelle dans nos infrastructures se pose, la réponse est non», répond-il sans détour. Il ajoute que le Rouge et Or ne sera jamais partie prenante dans le dossier, car «ce n’est pas la mission» de l’organisation sportive de l’Université Laval.

À l’heure actuelle, l’installation d’une équipe de la LCF à Québec n’est qu’au stade embryonnaire, et l’excitation suscitée lors du dévoilement du projet semble être déjà retombée. Ne serait-ce qu’un feu de paille? Le Rouge et Or n’est-il pas suffisant pour les amateurs de football? Aussi, un argument de poids pourrait bien peser dans la balance : l’absence de compétition sportive d’importance durant l’été. En effet, mis à part les Capitales, aucune équipe n’est susceptible d’attirer un grand nombre de spectateurs.