L’ailier rapproché Antony Auclair vient de compléter sa meilleure saison à vie. Cette dernière lui a non seulement permis de recevoir une invitation pour la 92e édition de la Classique Shrine Est-Ouest, mais aussi de faire un bond de huit rangs au classement des 20 meilleurs espoirs en vue du prochain repêchage de la LCF. Son but : faire le saut chez les pros dès l’an prochain. 

Sa passion pour le football ne date pas d’hier. L’aîné des frères Auclair a commencé à pratiquer ce sport alors qu’il fréquentait toujours l’école primaire. C’est d’abord son père qui lui a fait connaître le sport, puis un ami qui l’a amené à aimer le pratiquer.

« J’ai commencé à regarder le football avec mon père. J’aimais quand même ça, mais c’est un ami qui m’a vraiment fait découvrir le sport. Je jouais avec lui pour le fun, sans équipement. Il m’a montré un peu c’était quoi. Il m’a transmis sa passion pour le football et ça a l’air que c’est moi qui a continué de jouer », lance-t-il.

Dès qu’il a commencé à jouer au football, il était clair pour lui qu’il souhaitait passer chez les pros à la fin de sa carrière universitaire. « Mon rêve a toujours été de jouer professionnel. Quand j’étais jeune, c’était déjà ça. Je m’en rapproche de plus en plus et c’est le fun », confie-t-il.

Ce qui a relancé sa carrière, selon lui, c’est son changement de rôle à sa dernière année dans les rangs collégiaux. « J’ai l’impression d’avoir commencé à jouer au football à partir de ce moment. Ça a été l’élément déclencheur. De bloquer, capter des passes et courir avec le ballon, j’ai vraiment eu l’impression d’être plus utile », relate le numéro 81 qui évoluait jadis avec les Cougars de Champlain-Lennoxville.

Bien que le classement de la LCF et sa participation à la Classique Shrine Est-Ouest n’assurent rien pour son avenir, Antony estime que cela le rapproche tranquillement de son rêve. « Il n’y a rien d’assuré encore. Mais c’est certain que ce sont des étapes agréables à franchir et j’essaie d’en profiter le plus possible », répond-il lorsqu’on lui parle des deux bonnes nouvelles qu’il a reçues la semaine dernière.

Saison de rêve

Ces deux reconnaissances ne sont pas étrangères aux succès de l’étudiant en intervention sportive. Le match de la Coupe Vanier a sans contredit aidé l’athlète de 6’ 6’’ et 254 livres à se démarquer auprès des dirigeants des deux grandes ligues.

« Définitivement, je crois que ça a pu m’aider grandement. Ma performance en séries éliminatoires en général a été un facteur important », soutient-il.

Ce dernier avoue qu’il n’aurait pas pu demander mieux à sa dernière année universitaire. En plus de renouer avec la Coupe Vanier, qu’il avait conquise à son année recrue avec le Rouge et Or, Antony Auclair avait la chance d’évoluer aux côtés de son petit frère, Adam.

« C’est vraiment spécial parce que c’était la première année qu’on jouait ensemble, mais aussi probablement la dernière. On a réussi à faire de grandes choses en équipe », raconte l’aîné.

De U Sports à la NFL

L’ailier rapproché étoile du Rouge et Or est l’un des deux joueurs à prendre part à la Classique Shrine Est-Ouest qui se déroulera le samedi 21 janvier au Tropicana Field de St Petersburg, en Floride. Son objectif : se faire remarquer des recruteurs.

« C’est sûr que tu arrives là et c’est gros, mais il faut que tu montres que ça ne t’affecte pas. Je veux performer à la hauteur de mes capacités parce qu’il va y avoir 32 équipes de la NFL qui vont me regarder pratiquer chaque jour. Le match du dimanche, je veux montrer que je suis capable de ne pas crouler sous la pression », explique le principal intéressé.

La Classique Shrine Est-Ouest est une occasion en or pour l’étudiant-athlète du Rouge et Or de se faire valoir, puisqu’il affrontera des footballeurs qui évoluent dans la NCAA, circuit de prédilection des joueurs de la NFL.

« C’est certain que d’être Québécois rend ça plus difficile. C’est bien que je puisse participer à ce match-là. Je vais pouvoir compétitionner contre des joueurs qui ont évolué dans la NCAA et voir où je me situe par rapport à eux », rapporte-t-il.

Il estime toutefois que ses chances sont très bonnes. « Je suis assez confiant. À la fin de la journée, c’est du football. Je pense que si je fais ce que j’ai à faire, ça va bien aller », croit Auclair.

Un gabarit sur mesure pour la NFL

Bien que le vétéran se réjouisse de son deuxième rang au classement de la LCF, c’est plutôt vers la NFL que sont dirigées ses pensées. La raison est bien simple: son type de gabarit est plus utilisé dans la NFL. Plusieurs équipes ont d’ailleurs démontré leur intérêt depuis le début de la campagne. Le compte est maintenant à 11. « J’essaie de me rendre au moins à 32 », lance-t-il en riant.

Un recruteur des Chiefs de Kansas City était d’ailleurs présent à la Coupe Dunsmore. « Il est venu me parler après une pratique. C’était comme un petit test de personnalité. Il voulait savoir qui j’étais, d’où je venais et tout ça. »

Ce qui le démarque des autres, aux dires des dépisteurs, est son implication physique dans le jeu. « De nos jours, la position que je joue est occupée par des receveurs, qui sont moins impliqués dans les blocs. Ce qu’ils aiment de moi, c’est que j’aime ça bloquer, je suis agressif et un gars technique », précise-t-il.

Son défi sera de démontrer qu’il est athlétique malgré son gabarit imposant. « Malgré mon gros gabarit, je veux leur montrer que je suis rapide. J’avais bien couru lors des derniers tests. L’important, ça va être d’améliorer ces temps-là. Ce ne sera pas facile, mais je suis confiant d’y arriver. »

Encadré par des pros

Antony vient tout juste d’amorcer sa préparation physique en vue de la Classique Shrine. C’est Guillaume Giroux qui le supervisera jusqu’à la fin du mois de décembre. Par la suite, il s’envolera en direction du Tennessee, où un entraîneur professionnel l’aidera à parfaire sa préparation physique.

« Le football, c’est rough sur le corps. Tu dois prendre au moins une semaine et demie, voire deux semaines de repos avant de te remettre à l’entraînement. Mais en ce moment, je me sens bien. C’est certain que tu en perds un peu durant une saison, mais j’ai encore beaucoup de temps devant moi pour récupérer tout ça », assure-t-il.

Bien qu’aucune date et endroit n’ait encore été confirmé, l’athlète originaire de Notre-Dame-des-Pins, en Beauce, soutient qu’il devrait organiser un Pro day au courant des prochains mois, et ce, afin de démontrer davantage ses aptitudes physiques aux équipes intéressées par ses services.