Samedi et dimanche prenait place un tournoi de badminton par équipe dans les gymnases du PEPS de l’Université Laval. Ne faisant qu’une bouchée de leurs adversaires, les délégations autant masculines que féminines du Rouge et Or n’ont été garantes que de victoires. Impact Campus était sur les lieux pour comprendre comment se déroule un tournoi de ce sport souvent boudé.

Contrairement à l’image populaire de Claude et Robert, oncles bedonnants, s’envoyant tour à tour un « moineau » à force de frêles coups de raquette, le badminton est en fait une histoire de vitesse et d’intensité, de sueur et de passion.

Quand on pénètre l’enceinte d’un tournoi de badminton, la première chose que l’on aperçoit, ce ne sont pas des volants qui flottent mollement, mais des athlètes qui bondissent pour asséner des coups de raquette d’une rare violence à ces projectiles aériens. Sinon, c’est parfois avec un athlète plongeant au sol pour tenter de rattraper un volant hors de portée qu’on est accueilli.

Fait surprenant : la vitesse des volants. Alors qu’on s’imagine le projectile plumé comme virevoltant dans les airs, la réalité est en fait toute autre. Le niveau universitaire étant, disons-le, à des années-lumière du niveau amateur, il est difficile de voir à chaque instant où se trouve le volant. Les smashes sont souvent tellement rapides que ce sont plutôt les raquettes qui nous indiquent ce qui se passe avec ce dernier. Ainsi, on se retrouve souvent à être totalement dépassé par ce qui se déroule sur le terrain, à regarder avec contemplation des joueurs ou joueuses allant dans tous les sens.

Ce qui étonne aussi, c’est que, contrairement aux autres sports de raquette, tel le tennis, le badminton ne présente pas une pléthore de pauses entre chaque jeu. En effet, après chaque point, quelques secondes seulement peuvent s’écouler avant de voir les hostilités reprendre.

Il faut dire que le badminton ne donne pas du tout une impression de contrôle omniprésent de la part des juges comme au tennis. Ici, pas d’arbitre monté au sommet d’une chaise haute ni de petit gars courant pour ramasser les volants, mais seulement deux ou quatre joueurs, qui s’affrontent avec un respect mutuel.

Du côté de la foule, malheureusement, on est loin d’un match de football. S’il y a quelques spectateurs qui ne sont pas des joueurs prenant une pause entre deux matchs, ceux-ci sont très souvent les amis ou les parents de ceux qui s’essoufflent sur les terrains. L’ambiance donne ainsi une impression de match de niveau secondaire plutôt que de compétition de haut niveau.

Même si la foule est loin de scander des encouragements ou de faire la vague, les chaudes luttes de Vincent Fortier, le jeu impeccable d’Olivier Morin et Simon-Jean Pineault, de même que la domination de Virginie Savard ou les performances inspirées de Marianne Maltais, valaient la peine de se déplacer jusqu’au PEPS. C’est ainsi qu’après avoir regardé quelques matchs, on comprend vite que le Rouge et Or est de loin l’université la plus forte quand vient le temps de smasher des volants.