À en croire l’entraîneur-chef de la formation féminine de rugby du Rouge et Or, la saison 2013 sera spéciale pour les lavalloises. Non seulement en raison du Championnat canadien qui se tient pour la première fois à l’Université Laval, mais aussi parce que le programme ne cesse de gagner en crédibilité et en popularité depuis ses débuts en 2005. 

À sa première année d’existence, le programme de rugby féminin de l’Université Laval en avait surpris plus d’un avec une fiche de quatre victoires et deux défaites. L’équipe s’était inclinée en demi-finale provinciale à l’époque, alors que McNeil s’était mérité le titre d’entraîneur de l’année, tant au Québec qu’au Canada.

Depuis le temps, le Rouge et Or s’est imposé comme l’une des meilleures formations féminines de rugby universitaire au pays. Championne provinciale en 2006, 2008 et 2011, l’équipe se classe régulièrement dans le top 10 du sport interuniversitaire canadien ( SIC ). En 2011, elle a d’ailleurs décroché une troisième place au Championnat canadien, le meilleur résultat de l’histoire du programme. L’entraîneur-chef avoue que les bons résultats ont su contribuer à augmenter la notoriété de sa troupe et ainsi, faciliter son recrutement. « Je commence à recevoir des appels d’ailleurs. Le Rouge et Or dépasse véritablement les frontières », a-t-il déclaré en conférence de presse. Un exemple de cette affirmation est l’arrivée de Taryn Crosby, une joueuse de 2e ligne originaire de Windsor en Nouvelle-Écosse. « Elle vient ici pour étudier en Français », précise McNeil, laissant la porte ouverte à la venue d’autres joueuses de l’étranger.

Le rugby en santé à Québec 

L’entraîneur du Rouge et Or insiste tout de même sur le fait que le gros de sa formation provient du Québec. « Le niveau de jeu dans la région continue à augmenter. La preuve, c’est qu’on retrouve de plus en plus de Québécoises sur les équipes nationales », explique Bill McNeil. Tout juste cet été, quatre joueuses de Québec ont été sélectionnées pour participer à la Coupe des nations de rugby à XV en compagnie de l’équipe sénior. Il s’agit de Karen Paquin ( n’a pas accompagné l’équipe en raison d’une blessure ), Marie-Pier Pinault-Reid, Stéphanie Bernier et de Magali Harvey.

Elles sont toutes d’anciennes du Rouge et Or, hormis Harvey, qui évoluait jusqu’à l’an dernier pour les X-Women de St-Francis Xavier University, championnes en titre au Canada. Lorsque questionnée sur les raisons pour lesquelles elle n’a pas choisi de s’aligner pour l’Université Laval, elle répond simplement : « Je voulais utiliser le rugby universitaire pour me faire recruter sur l’équipe canadienne et je ne pensais pas que Laval était la meilleure pour me rendre là. Pas nécessairement à cause de leur force, mais parce que tout se passe en anglais, et avant cette année, il y avait très peu de joueuses québécoises sur team Canada ». Voilà qui rejoint les propos de Bill McNeil concernant l’évolution du rugby au Québec.

Championnat canadien 

L’entraîneur-chef du Rouge et Or parle du Championnat canadien au Stade Telus comme d’une belle opportunité de vendre le rugby à Québec. « On voit de moins en moins de joueuses à nos camps d’entrainement qui n’ont jamais joué au rugby. La plupart commencent dès le secondaire, et il faut que ça continue », explique M. McNeil. « Il faut [ toutefois ] rester focus sur les attentes », prévient-il. Présentement 6e au classement SIC, la formation lavalloise veut entrer par la grande porte. Cela veut dire « éviter les accidents de parcours », selon McNeil, faisant référence à la défaite des siennes face à Concordia en finale provinciale l’an dernier.

Changements dans la formation 

Malgré les pertes importantes ( Claudiane Renaud, Geneviève Thibault, Mackenzie Stairs ), l’entraîneur-chef du Rouge et Or reste confiant. « Tout le monde avait dit ça il y a deux ans ( lors de perte de Paquin, Pinault-Reid et Bernier ), mais on a eu notre meilleure saison par la suite. On a même fini au premier rang dans les points marqués », avertit McNeil. Il pourra toutefois compter sur les services de joueuses d’expérience comme Kathleen Keller et Anne-Marie Boulanger-Martel. À elles et au reste de la formation se joignent douze recrues.

Le Rouge et Or devrait être testé dès ses premières rencontres de saison régulière. Trois formations devraient profiter d’un changement d’entraîneur ( Ottawa, McGill et Sherbrooke ), tandis que les Carabins de l’Université de Montréal devraient être plus compétitives à leur deuxième année dans le circuit.