Chaque année, ce sont  plus de 150 000 dollars en bourses que l’Université décerne à des étudiants-athlètes pour les convaincre de venir étudier et jouer à Laval. À ce chapitre, l’institution lavalloise fait partie des dix plus généreuses au Canada. Mais comment fonctionne ce système d’attribution des bourses? À qui les donne-t-on et pour quelles raisons? IMPACT CAMPUS s’est penché sur ces questions.

Tout d’abord, l’élément à retenir sur l’octroi des bourses aux étudiants sportifs de l’Université Laval est que la valeur de celles-ci ne peut pas excéder le montant que l’étudiant en question paie pour ses frais de scolarité. En d’autres termes, les bourses assument les frais de scolarité, mais ne couvrent pas les frais de logement et d’hébergement, laissant ces derniers à la charge des athlètes.

De plus, dans l’attribution de ces bourses, la direction du programme est contrainte de respecter un quota qui veut que l’on ne puisse payer au-delà de 70% des frais de scolarité au sein d’une équipe donnée. Ce que ça signifie, c’est que, pour l’équipe de football, qui est jugée complète à 42 joueurs, il est possible que seulement une trentaine d’entre eux obtiennent une bourse, soit environ 70%.

Selon Gilles Lépine, directeur du programme d’excellence du Rouge et Or, cette situation met les athlètes dans une situation précaire. « Si, par exemple, nous voulons convaincre un étudiant provenant de Drummondville de jouer pour nous et que, dans le meilleur des cas, nous lui payons l’ensemble de ces frais de scolarité, il lui restera toujours d’autres factures à payer. Or, ceci peut placer les athlètes dans une situation financière difficile, les poussant même à travailler tout en exerçant leur sport. »

Bref, on parle ici d’un horaire très chargé pour un étudiant qui est au plein milieu de sa quête vers l’excellence dans son sport.

 

Pour qui sont les bourses?

Lorsqu’interrogé sur la question, M. Lépine a d’abord tenu à souligner que le facteur qui prévaut lorsque vient le temps de choisir à qui l’on veut décerner une bourse est le calibre de l’athlète en question. «Dans certains sports où la compétition est plus féroce pour obtenir un athlète, comme au football notamment, il importe pour nous de viser les étudiants les plus prometteurs sur le plan sportif », explique-t-il.

Le directeur admet toutefois qu’il y a un facteur de proximité qui peut entrer en ligne de compte dans le processus. « Il est certain que si nous avons une seule bourse pour deux étudiants, mais qu’un d’eux demeure chez ses parents à Québec, alors que l’autre doit déménager pour venir étudier à Laval, il y a plus de chances que nous donnions la bourse à celui qui doit déménager », admet-il.

 

Une situation différente aux États-Unis

Contrairement au Canada, la situation aux États-Unis permet aux institutions universitaires de verser des bourses qui couvrent l’ensemble des dépenses chez l’athlète. On parle ici de bourses pouvant aller jusqu’à 40 000 dollars par an, les frais de scolarité étant beaucoup plus dispendieux chez nos voisins du Sud.

«La philosophie aux États-Unis est très différente de celle que l’on retrouve au Canada. C’est beaucoup plus valorisé de jouer là-bas, les athlètes ont notamment la chance de jouer devant plus de 80 000 fans au football universitaire (NCAA). Au Canada, nous sommes très loin de ça en ce moment, le sport universitaire n’occupe pas une place aussi importante dans notre société» a renchéri le directeur du programme du Rouge et Or. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, ici, il n’y a pas le débat à savoir s’il faut payer les athlètes.