La formation féminine de rugby du Rouge et Or a révélé la semaine dernière l’identité de son nouvel entraîneur-chef, qui succèdera à Dominique Duquette, au sein de l’organisation depuis 12 ans. Il s’agit de Kévin Rouet, pour qui le rugby n’a plus de secrets.

À Québec depuis maintenant huit ans, le Français d’origine cumule les expériences de coaching dans la province. Sa fiche de route est impressionnante.

Sous ses ordres, le Club de rugby de Québec (CRQ) a été sacré champion provincial à trois reprises. Les Élans du Cégep Garneau, qu’il dirigeait, sont pour leur part invaincus depuis 2014, ayant remporté le titre régional au cours des trois dernières campagnes. Entraîneur-chef du programme provincial féminin de rugby à 15 depuis deux ans, il a dirigé la formation couronnée de la médaille d’or au championnat national 2016. De plus, il a occupé le poste d’entraîneur adjoint au sein de l’équipe masculine de rugby des Carabins de Montréal, qui a remporté le championnat québécois en 2016, au terme d’une saison sans défaite.

Il s’amuse à dire qu’il est né dans le rugby, un sport qu’il pratique depuis qu’il est âgé de dix ans. Une passion qui n’a cessé de prendre de l’ampleur avec les années. Bien qu’il était loin de se douter en janvier qu’il allait devenir le successeur de Dominique Duquette, il indique que cela s’est fait tout naturellement pour lui.

Lorsque la nouvelle de la démission de Duquette est tombée, Kévin Rouet était en visite chez sa famille en France. Ce dernier avait prévu déménager dans l’Ouest canadien pendant une courte période afin d’aller jouer au rugby et, par la même occasion, coacher.

« Un bon nombre de joueuses de l’Est qui ont des aspirations à devenir joueuses canadiennes y sont. La Coupe du monde de rugby s’y tient très prochainement. Je voulais voir leur culture, pour apprendre davantage et évoluer », raconte-t-il.

Son voyage a été plus court que prévu, puisque le processus d’embauche a commencé et le mordu de rugby voulait mettre toutes les chances de son côté. Un pari payant, considérant que c’est lui qui dirigera le Club de rugby du Rouge et Or l’automne prochain.

En terrain connu

Le nouveau pilote des Lavalloises connaît très bien l’équipe qu’il dirigera, car la majorité des filles évoluent dans le CRQ durant la période estivale. Il a également côtoyé les meilleures d’entre elles grâce à la sélection provinciale. Les anciens entraîneurs lui sont également familiers, puisqu’ils travaillaient tous ensemble afin de développer les joueuses de la région.

« Ça facilite grandement la transition, parce que les filles ne sont pas dans l’inconnu. Elles connaissent ma façon de coacher, elles savent à quoi s’attendre. Ce qui sera nouveau, c’est d’ajuster cette façon de faire à la structure universitaire », explique Kévin Rouet.

Ce dernier admet qu’il y a aura des ajustements, sa vision du jeu étant différente de celle de Dominique Duquette. Toutefois, il assure que nous n’assisterons pas à des chamboulements majeurs. « Les leaders sur le terrain restent les mêmes », indique-t-il.

À quoi doit-on s’attendre? Plus de vitesse et de mouvements de ballon. « À Québec, on a de très bonnes filles, un gros bassin de joueuses, dit le nouvel entraîneur-chef. Par contre, c’est certain qu’on n’a pas les plus gros gabarits du championnat. C’est intéressant de voir un jeu de mouvements avec des filles rapides et intelligentes. »

Année de renouvellement

L’entraîneur assure qu’il y aura beaucoup de nouveaux visages cette année sur le terrain. Plusieurs anciennes ont épuisé leur année d’éligibilité, alors que d’autres sont sur le point de terminer leur parcours académique. Kévin admet qu’il aimerait en convaincre certaines de revenir pour une cinquième et dernière année.

Dès cette semaine, il amorcera une série de rencontres individuelles avec les athlètes de la campagne 2016 du Rouge et Or afin de connaître leur intention quant à cette année. « Les rencontres de la semaine prochaine seront décisives », laisse-t-il savoir.

Pour l’instant, aucune athlète n’a formellement confirmé son retour, pas même la capitaine, Fabiola Forteza, qui effectue présentement un retour graduel à l’entraînement après une blessure importante au genou.

« Je crois qu’elle en a envie au fond d’elle-même, mais c’est la blessure qui va lui dicter ce qu’elle va faire et les opportunités, parce qu’il y a forcément des possibilités plus grandes pour elle », assure Kévin Rouet.

Selon lui, des joueuses de talent s’amèneront prochainement avec le Rouge et Or. Son but, bien que l’équipe soit en reconstruction, ne change pas : terminer au premier rang. D’ici là, la transition entre Dominique Duquette et lui doit se faire vite s’il veut diriger une équipe compétitive. « Plus les filles peuvent baigner tôt dans la préparation, mieux c’est », conclut-il.