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Planer comme un oiseau, se balancer dans le ciel, voler en toute liberté… les superlatifs ne manquent pas pour décrire l’expérience vécue lors de la pratique du parapente, une jeune discipline sportive méconnue.

« Lorsque je te le dis, tu cours en même temps que moi vers le bas de la pente. Tu ne t’arrêtes surtout pas ». En temps normal, j’aurais longuement dévisagé mon interlocuteur. D’un air interrogatif et vaguement inquiet, je lui aurais demandé : « Es-tu malade ? Ne vois-tu pas que nous sommes à 800 m au-dessus de la mer et qu’un vertigineux précipice nous attend à la fin de notre galopade ? »

Mais, je n’en fais rien. Car, René Marion, l’homme qui m’incite ainsi à me précipiter dans le vide en sa compagnie sait pertinemment ce qu’il fait. Si ce fier Savoyard m’ordonne de piquer un sprint, c’est parce que la voile (ou aile) de nylon de 42 mètres carrés qui est attachée à notre dos est gonflée d’air et prête au décollage. C’est aussi parce que cette routine, il l’a répétée à des milliers de reprises au cours de ses 32 années de pratique de parapente, dont plus de la moitié passée ici même, au mont Sainte-Anne, une des mecques de ce sport au Québec.

Aux origines du « parachute de pente »

On attribue la paternité du parapente à Dave Barish, un consultant américain qui aurait mis en pratique l’idée de planer avec un parachute lors d’une de ses collaborations avec la NASA. Il aura toutefois fallu attendre jusqu’en 1978 à Mieussy, en Haute-Savoie, pour que le sport voie officiellement le jour. Ce jour-là, deux parachutistes français privés d’avion décident tout de même de sauter. Armés de leur parachute de l’époque, ils s’élancent d’une pente… et ne se tuent pas. Au contraire, ils inventent le « parachute de pente ».

Au tout début de son histoire, le plus jeune des sports aériens est surtout pratiqué à des fins fonctionnelles par les habitants alpins. En effet, ces derniers l’utilisaient pour descendre de leurs montagnes, épargnant ainsi temps et énergie. « C’est comme ça que j’ai touché au parapente pour la première fois, se rappelle René Marion. C’était la manière la plus rapide de rejoindre la vallée. »

Si les ailes d’alors étaient, de l’avis même de René Marion, « assez primitives », elles ont grandement évolué depuis, devenant plus faciles à gonfler, plus maniables, mais surtout, plus sécuritaires. Aujourd’hui, leur finesse est telle qu’il est facile pour les pratiquants d’assimiler les techniques de décollage et de vol.

« Les technologies sont telles qu’il existe des ailes spécialisées pour la compétition, pour les vols en tandem, et ainsi de suite, explique l’instructeur et propriétaire de l’école de parapente Aerostyle Airsports. Jamais le parapentiste n’a mieux été équipé ».

Un sport extrême ?

Malgré tout, le parapente, comme le deltaplane, son proche cousin, traîne encore et toujours une réputation de dangerosité. « Après tout, se dit le profane, n’est-ce pas périlleux de planer à plusieurs centaines de mètres au-dessus du plancher des vaches ? »

S’il est d’accord pour affirmer que le parapente « n’est pas dénué de certains risques », René Marion rejette toutefois l’étiquette de sport extrême qui lui est souvent accolée. « C’est une fausse perception qui découle d’une ignorance certaine du sport. Il suffit de regarder les données d’accidentologie pour se convaincre que ce n’est pas plus dangereux que de pratiquer de la planche à roulettes ou de l’équitation », soutient l’homme-oiseau.

Par exemple, sur une période de seize ans s’étendant de 1995 à 2011, l’Association canadienne de vol libre a recensé 141 accidents de parapente ou de deltaplane chez ses membres. De ce nombre, 9 ont été fatals et 3 ont mené à des blessures permanentes chez les victimes.

« C’est bien souvent le pratiquant qui, par sa propre négligence, cause sa propre perte. S’il est le moindrement prévoyant, bien formé et responsable, les chances qu’il se fasse mal sont infimes », insiste René Marion.


 

SAVIEZ-VOUS QUE…

  • Contrairement aux apparences, un parapente ne vole pas ; il plane d’un courant thermique à l’autre à la recherche d’air chaud ascendant. D’ailleurs, le parapentiste est un expert dans l’art de lire le terrain, à la recherche des thermiques.
  • Le parapentiste ne laisse pas non plus sa place comme météorologue. En effet, il doit toujours rester à l’affût des signes annonçant l’intensification des vents. Son pire ennemi : le cumulonimbus, annonciateur d’orages, d’averses et d’autres phénomènes violents.
  • Le Canada compterait environ 2000 adeptes de parapente et/ou de deltaplane ? 1000 de ceux-ci sont regroupés au sein de l’Association canadienne de vol libre tandis que 263 font partie de l’Association québécoise de vol libre.
  • Le record du monde du monde de parapente de distance est de 503 kilomètres ! Il a été réalisé le 14 décembre 2008 par le Sud-Africain Nelvill Hulett, à la suite d’un vol de plus de 10 heures !

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