Après des années d’entraînements, les athlètes olympiques sont enfin arrivés à Sotchi. Si vous croyez que le contexte politique tendu hante leur esprit, détrompez-vous.

 Alice Chiche

La corruption, le non-respect des droits de l’homme, les questions environnementales et les droits des homosexuels bafoués ne sont que quelques-unes des histoires qui retiennent l’attention en marge des 22es Jeux olympiques. Quel rôle les athlètes peuvent-ils jouer dans la situation en Russie ? Doivent-ils en faire abstraction pour l’amour du sport ?

La planchiste canadienne Caroline Calvé, qui en sera à ses deuxièmes Jeux olympiques, a évoqué ses quatre ans de préparation pour cette compétition. « Moi je me concentre sur mon travail », a-t-elle dit. « Les Jeux olympiques, ce que ça représente […] c’est la paix, revenir à la base du sport qui est la compétition. Je me concentre sur ce côté-là des Jeux olympiques ».

 

L’influence des athlètes

Grégoire Deschamps est préparateur de l’équipe de France de Biathlon. Contacté par courriel, il prône lui aussi l’aspect sportif. « Je ne trouve pas [la place du boycott] dans les Jeux. Nous souhaitons uniquement nous confronter sur les skis dans une ambiance magique. Les positions politiques de chacun n’ont pas leur place dans notre démarche et surtout, nous n’avons aucun poids politique ».

Également contacté par courriel, le skieur français Xavier Bertoni, tout juste relevé de sa blessure au genou, ne compte pas manquer la compétition de demi-lune à Sotchi. Selon lui, ce n’est pas aux athlètes de faire la part des choses, cela se passe à un niveau plus élevé. « Je trouve gênant que le CIO autorise les Jeux dans des pays comme la Russie ou la Corée du Sud », a-t-il confié. « Je suis seulement un sportif qui rêve des Jeux olympiques depuis tout petit, je ne vais pas rentrer dans les débats politiques, je n’ai pas toutes les cartes en main », a-t-il confié.

Pourtant, selon Pascal Mahé, ancien handballeur de l’équipe de France, il serait possible de faire la part des choses entre le sport et la politique. « Ça fait peur d’affronter une telle machine », dit-il. On peut « se servir des grands événements pour faire passer des messages », mais « à la fois, tu es une petite goutte ». Mahé se rappelle l’image forte des JO de 1968, où les deux athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, sur le podium après l’épreuve de 200 mètres, ont levé leurs poings gantés en signe d’opposition à la ségrégation raciale.

 

Pas de boycott

C’est la deuxième fois que la Russie reçoit les Olympiques, après que l’URSS eut organisé les Jeux d’hiver de 1980 à Moscou. Ces derniers avaient été boycottés par plus d’une cinquantaine de pays, dont le Canada. Les États-Unis avaient lancé ce mouvement en plein contexte de Guerre froide. Ils remettaient en cause le fait que l’URSS ait envahi l’Afghanistan en décembre 1979. Malgré des rumeurs de boycotts, tous les pays étaient bien à l’appel lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Sotchi.