La popularité des arts martiaux mixtes est en pleine croissance à l’échelle mondiale. Toutefois, la toute première visite de l’organisation UFC dans la Vieille-Capitale n’a pas fait courir les foules. Simple hasard ou les effets post GSP qui se font déjà ressentir? Un peu des deux!

Raphaël Bergeron-Gosselin

Mercredi dernier, se tenait pour la toute première fois à Québec un événement de la prestigieuse organisation de combat ultime. À peine plus de 5000 personnes ont franchi les barrières pour assister à ce qui allait pourtant être toute qu’une soirée de combat. Des profits de 340 000$ ont été générés, ce qui, sans satisfaire le président de l’UFC Dana White, ne surprend pas. « Les finales précédentes de l’Ultime combattant avaient généré 322 000$ et 318 000$ et elles étaient présentées un samedi. » Reconnu pour ces réponses claires et directes, le grand patron a été fidèle à ses habitudes lorsqu’on a mentionné le fait que la soirée coïncidait avec les débuts du Canadien de Montréal en série. « Yeah, it sucks», a-t-il lancé à la blague.

L’événement était la conclusion de la télé-réalité l’ultime combattant qui a vu le jour en 2005. Pour un simple amateur, la carte que présentait le UFC pouvait sembler ordinaire, mais si on s’attardait à la qualité des combattants et à l’enjeu des combats, on pouvait facilement prédire une belle soirée.

La soirée débutait très tôt avec le premier combat vers 15h15. On pouvait compter une centaine de spectateurs dans les estrades, mais cela n’a pas empêché les deux combattants d’offrir tout un spectacle. Il arrivait même d’entendre clairement les spectateurs lancés des injures ou des encouragements à leurs favoris étant donné la foule peu nombreuse.

L’effet GSP?

Il y a environ 5 ans de cela, Georges St-Pierre se faisait reconnaître et interpeller sur la quasi-totalité de la planète. Ironiquement, le Québec, son lieu d’origine, était l’un des endroits où il pouvait encore bénéficier d’un peu de tranquillité. Sa popularité a toutefois atteint des sommets par la suite. Il était même considéré comme l’un des plus grands athlètes au monde tous sports confondus.

Son départ inattendu du monde des arts martiaux mixtes a semblé freiner la montée de l’UFC au Québec. Le Québec semble donc se chercher un nouveau chouchou, et Olivier Aubin-Mercier aurait bien pu le devenir. Le Montréalais d’origine s’est incliné en finale de la catégorie des mi-moyens face à l’Ontarien Chad Laprise.

À la suite de son combat, Aubin-Mercier était visiblement déçu, mais il a tout de même réussi à tirer un point positif de sa défaite. « On va enfin arrêter de me comparer à GSP. » Malgré le fait que St-Pierre soit son idole, il est clair pour lui que le combattant natif de Saint-Isidore était et demeura pour longtemps le plus grand combattant québécois du UFC.

Même Dana White a confirmé à plusieurs reprises que le combattant qui créait le plus de frénésie lors des combats (à l’entrée et par Pay per view) était GSP. Les partisans québécois semblent encore avoir sur le cœur le mauvais traitement qu’a réservé White à leur préféré lorsqu’il a annoncé qu’il se retirait. La petite foule avait comme avantage à créer une ambiance intime, et Dana White en a profité pour aller saluer les partisans les mieux positionnés. Plusieurs d’entre eux ont préféré s’attaquer verbalement au président et lui rappeler leur mécontentement.

Peu importe ce qui se produira dans les prochaines années, un retour de GSP, des galas plus fréquents au Québec, la montée de nouvelles vedettes locales, Dana White aura fort à faire s’il veut maintenir l’intérêt du UFC dans une province où la simple prononciation du mot hockey fait vibrer sa population.