Bonifications salariales à l’UL : Un manque de tact selon la CADEUL

Les hauts dirigeants de l’UL ont obtenu, dans les dernières semaines, une bonification de leurs avantages d’après-mandat. La CADEUL dénonce cet ajustement dans le contexte des compressions budgétaires qui touchent l’institution.

La semaine dernière, Le Soleil apprenait que, lors d’une réunion à huis clos, le Conseil d’administration de l’Université Laval a ajusté à la hausse une partie des conditions d’emplois du recteur, des vice-recteurs, des vice-recteurs adjoints et du secrétaire général de l’Université, après leur mandat. Cette rémunération existait déjà, mais elle a été prolongée et a été un peu majorée.

Le Caucus des associations de la CADEUL a adopté à l’unanimité, vendredi dernier, une résolution qui dénonce cette révision à la hausse des avantages d’après-mandat des hauts dirigeants de l’Université.

« Dans le contexte de compressions budgétaires, on dénonce cette décision-là du Conseil d’administration considérant que ça ne devrait vraiment pas être une priorité de poser ce genre de questions là en ce moment », déclare Caroline Aubry, présidente de la CADEUL. Elle avoue ne pas comprendre pourquoi cette décision a été prise.

« Avec les compressions budgétaires qu’il y a à l’Université Laval et dans les autres universités aussi d’ailleurs, on croit que le Conseil d’administration devrait être en train de se poser plus des questions par rapport à la qualité de l’enseignement, et à essayer de trouver des solutions pour préserver les acquis qu’on a », ajoute-t-elle.

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, a exprimé jeudi dernier au Soleil que « dans le contexte budgétaire, il aurait pu y avoir de meilleurs choix que celui-là.»

En entrevue avec Le Fil des événements, John R. Porter, président du Conseil d’administration de l’Université, a déclaré que cette révision des conditions d’emploi des gestionnaires était « un exercice statutaire et obligatoire inscrit dans les règlements de l’Université ». « La décision a été adoptée après une analyse détaillée du dossier par une très forte majorité des membres du Conseil d’administration », poursuit-il. Aussi, les personnes concernées par cette bonification-là n’étaient pas dans la salle au moment où la décision a été prise.

M. Porter avance également que cette approche est en partie axée sur l’équité : « Le règlement prévoyait une décroissance sur trois ans pour des membres ayant complété un mandat de cinq ans, mais aucune disposition n’était prévue pour des membres ayant complété un mandat de dix ans. Nous avons donc ajusté cette décroissance salariale pour qu’elle s’effectue sur une période de six ans plutôt que de trois ans, et ceci, par souci d’équité. »

Aussi, selon ses dires, il n’y aura aucune pression financière sur le budget de l’Université à cause de ces mesures : « Le coût de cette mesure est présentement nul et le sera pour plusieurs années à venir. En effet, non seulement le coût associé à cette extension de baisse de salaire après mandat ne surviendra pas avant plusieurs années, mais il dépendra, dans une large mesure, du nombre de personnes concernées qui seront encore à l’emploi de l’Université. »

Dans ce dossier, Caroline Aubry appelle tout de même à la nuance. « On ne veut et on ne doit pas rentrer dans la dynamique de « ce sont les dirigeants qui s’en mettent plein les poches ». Par contre, moi, ce qui me choque le plus dans tout ça, c’est que ce n’est pas une priorité. Pourquoi on est en train de se poser cette question-là alors qu’il y a tellement d’autres gros problèmes à gérer financièrement ? », se questionne-t-elle.

Au final, ce qu’elle dénonce, c’est le manque de tact flagrant de l’Université au travers de cette question. L’institution doit faire face, cette année, à des compressions budgétaires de 42 millions de dollars.

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