Photo tirée de la campagne de la Ville de St-Donat sur les subventions aux produits menstruels réutilisables

Vers une équité menstruelle… dans la Ville de Québec !

En décembre, on a parlé de l’équité menstruelle sur le campus (ici). En effet, sous l’impulsion de la FEMUL, l’Université a mis sur un pied un projet pilote (auquel on souhaite un brillant avenir) de distributrices de tampons et serviettes sanitaires dans quelques toilettes du campus. C’est au tour de la ville de Québec de faire un pas dans la bonne direction, en subventionnant depuis le 29 janvier 2024 l’achat de produits d’hygiène personnelle réutilisables : les diva cups, bobettes menstruelles et serviettes lavables peuvent maintenant s’inviter dans nos tiroirs à moindre coût. Le fardeau financier lié aux règles se voit relativement allégé.

Par Florence Bordeleau, journaliste multiplateforme

Les produits menstruels coûtent très cher mensuellement : on peut estimer en moyenne qu’une dizaine de dollars par mois s’envolent de nos portefeuilles, soit 120$ par année, pour des produits bas de gamme et donc inconfortables ou enduits de plastiques nocifs pour la santé. On peut doubler le montant si on se dirige vers des produits plus technos (souvent tout autant enduits de plastique).

Et les microplastiques, parlons-en : sans diaboliser la chose, les produits d’hygiène menstruelle n’ont pas le bout du nez vert. Qu’on pense aux emballages ou aux applicateurs des tampons (on va se le dire, les applicateurs en carton sont pas mal moins douillets que ceux en plastique), ou aux serviettes sanitaires elles-mêmes, on est loin d’un bilan écologique parfait.

Quelle solution alors, pour la personne qui ne souhaite ni sacrifier son confort immédiat, ni son environnement sur le long terme ? De petits autocollants lilas, apposés sur les poubelles des toilettes de l’UL, proposent une solution : la coupe menstruelle. On peut d’ailleurs la combiner aux culottes menstruelles, qui offrent une protection très fiable, ou aux serviettes réutilisables.

La fameuse Diva cup

Toutes ces options sont beaucoup moins nocives pour l’environnement, parce que (1) elles ne sont pas jetables et (2) elles sont le plus souvent faites de matériaux écoresponsables.

Le hic : le prix. En effet, si on parlait plus haut de 120$/année pour les produits jetables, ici on peut parler d’un « starter kit » réutilisable à 200$. Il faut voir l’investissement sur le long terme, c’est certain, mais le premier coup à donner fait mal à un budget étudiant.

C’est là qu’intervient notre chère ville de Québec – qui est, disons-le, loin d’être cheffe de file, considérant qu’elle ne fait que rattraper son retard sur d’autres villes comme Montréal, Saguenay, ou même des villages comme Freghlisburg – en mettant sur pied un programme de subvention.

La Ville finance donc, depuis le 29 janvier, 75% du prix d’achat de produits menstruels réutilisables (coupe, culotte, serviette) si l’achat est fait dans un commerce de la Ville, et 60% du prix si l’achat est fait ailleurs. Ça allège d’un coup la dépense initiale dans une transition vers le réutilisable, même si ce n’est pas parfait. Par exemple, le kit de base de la compagnie québécoise Madame L’Ovary est à 184,85$+tx. La Ville rembourse jusqu’à concurrence de 100$ ; ici, donc, on l’atteint (60% de 184,85$, c’est 110,91$). Il nous reste donc 84,85$ à payer, plus les taxes. Des alternatives moins dispendieuses existent, comme les culottes menstruelles de la marque Miyu, au Simons (un « kit de base » équivalent à celui de Madame L’Ovary reviendrait à quelque chose comme 90$+tx), mais elles sont faites de tissus qui n’ont pas de visée écoresponsable, et la compagnie offre peu de transparence sur les étapes de fabrication.

Tu souhaites faire le grand pas en délaissant les produits jetables pour les produits réutilisables ? Le formulaire de réclamation est juste ici!

Les culottes réutilisables de Miyu (Simons)
Les culottes menstruelles 3 en 1 de Madame L’Ovary

 

 

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