Les amateurices de cinéma québécois peuvent profiter d’un nouveau film dans une thématique Halloweenesque pour cet octobre. Hantée, un long-métrage de comédie fantastique réalisé par Rafaël Ouellet avec un scénario d’India Desjardins, projeté dans les salles de cinéma de la province depuis le 9 octobre. Une première projection a été organisée au Clap de Ste-Foy le 30 septembre, clôturée par une séance de questions et de photos avec les comédien.nes ainsi que le réalisateur et la scénariste. Dans la distribution du film, nous retrouvons certains noms connus du milieu culturel québécois comme François Létourneau, Claude Legault, Évelyne Brochu et Virginie Fortin.
par Pierre-Olivier Gingras, journaliste collaborateur
Le film met en vedette, Jade Brind’amour, une comédienne émergente, qui incarne Mathilde, une adolescente cynique et solitaire qui déménage avec sa famille dans une vieille maison lugubre au fin fond de la région. Une fois installée, elle découvre rapidement que la maison est hantée depuis plusieurs années par Isabeau (interprétée par Virginie Fortin); une femme morte il y a deux siècles qui, pour une raison qu’elle ignore, voit son esprit lié à son vieux domicile. Les deux personnages unissent donc leurs forces pour découvrir les circonstances mystérieuses entourant sa mort.
Le réalisateur, Rafaël Ouellet, est notamment connu pour les films Camion et Arsenault et fils pour lesquels il a été nommé au Gala Québec Cinéma. Certain.nes reconnaîtront le nom de la scénariste, India Desjardins, autrice de la série de livres jeunesse Le journal d’Aurélie Laflamme parue en 2006. Hantée est son deuxième scénario de long métrage après 23 décembre.
Durant la période de question avec l’équipe, Desjardins a expliqué que le personnage d’Isabeau, tout autant dans sa personnalité que dans son humour, est inspiré de ses propres traits, notamment sa légère maladresse et son incompréhension de la culture adolescente. Puiser dans ses propres traits pour construire la psychologie des personnages semble être chose récurrente dans son écriture.
Pour ce qui est du film en soi, Hantée suit une trame narrative assez conventionnelle et sécuritaire. Pourtant, certains thèmes narratifs comme le traitement de la femme en société à l’époque d’Isabeau et les parallèles que l’on peut faire avec l’époque contemporaine possèdent énormément de potentiel. Malheureusement, le tout est tristement dissimulé par une présentation assez dérivative et inoffensive ainsi qu’un humour qui a tendance à rater la cible chez un public plus jeune. Le personnage d’Isabeau, présentée comme le « comic relief » du film, tient du fait qu’en tant que femme de son époque, elle éprouve de la difficulté à comprendre le dialecte adolescent. On entendait que les gens plus âgés dans la salle s’esclaffer de rire, mais des spectateur.rices plus jeunes trouveront cette approche sur leur langage un peu maladroite et désuète. Cela n’est qu’un exemple, mais les moments qui nous surprennent à rire viennent plus du jeu de vétéran.nes de la comédie comme Létourneau, Legault et Fortin que du scénario.
Sur le plan esthétique, Ouellet a expliqué que les nombreux effets pratiques ont été réalisés avec grand effort par une boîte d’effets spéciaux locale, ce qui est toujours plaisant à voir dans un film sortant dans une ère dominée par les effets visuels numériques. Comme l’a dit l’équipe, Hantée a été réalisé avec amour, et ça parait bien dans sa forme.
Dans l’ensemble, Hantée ne réinvente pas la roue, mais c’est tout de même un bon divertissement familial pour Halloween. Les familles québécoises cherchant à encourager le cinéma d’ici, ou bien souhaitant trouver une activité à faire avec leurs enfants un soir d’octobre se verront bien diverties par ce petit film à popcorn plaisant et très inoffensif.


