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Le 4 décembre dernier, la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, a annoncé des investissements de 36,4 M$ sur cinq ans afin de soutenir la presse écrite d’information. Colette Brin et Dominique Payette, toutes deux professeures au Département d’information et de communication, estiment que cette aide devrait permettre aux entreprises de respirer, mais qu’il en est bien peu, compte tenu de la situation.

Depuis plusieurs années, les entreprises de presse demandent un soutien financier afin de leur permettre de survivre, rien de moins. Ces nouveaux investissements publics comprennent deux volets, celui de la recherche et celui des projets concrets liés au numérique.

Plus précisément, ces investissements se traduiront par un nouveau programme d’aide à la transformation numérique (19,2M$), un soutien accru aux médias communautaires (5,2M$) ainsi qu’un soutien transitoire pour aider les entreprises de la presse écrite à respecter leurs obligations en matière de recyclage (12M$). Les médias pourront se prévaloir de ces sommes en présentant un projet aux décideurs publics, qui choisiront d’appuyer ou non le projet.

Colette Brin, qui est également directrice du Centre d’études sur les médias, voit cette aide financière comme une mesure temporaire. « Ce n’est pas énorme, mais ça peut donner un coup de pouce, tranche-t-elle. Des emplois seront sauvés à court terme, mais les entreprises ne doivent pas trop miser sur ces subventions pour assurer l’avenir. »

De son côté, Dominique Payette constate également certains aspects positifs à cette aide. « On vient de lever un tabou selon lequel l’État ne peut intervenir dans la presse écrite. Ça va soutenir la presse locale et régionale », explique-t-elle. En contrepartie, la journaliste d’expérience demeure perplexe sur plusieurs aspects, notamment le montant total, qu’elle compare à une goutte d’eau dans l’océan, ainsi que la limite d’aide au contenu audiovisuel, plafonnée à 40%.

La meilleure solution?

Mme Payette, qui a dirigé, en 2012, le Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec, déclare que cette relation directe entre l’État et la presse pose des problèmes de médiation. « J’aurais préféré qu’il y ait un intermédiaire entre l’État et les entreprises de presse », affirme-t-elle.

Dans un article paru dans Le Devoir l’année dernière, elle indique que le soutien direct du gouvernement aux entreprises de presse n’est pas la solution idéale. Pour soutenir ces affirmations, Mme Payette indique que des chercheurs en France ont étudié cette façon de faire chez nos voisins français, alors que l’État avait investi près de 600M$ en trois ans.

Le résultat est clair : « Les aides publiques françaises sont multiples, coûteuses, et pas toujours efficaces. L’État français investit mal et les aides en place ne favorisent pas les contenus. L’aide n’a pas pour autant suffi à faire émerger un modèle économique viable dans la durée », ont précisé les trois chercheurs.

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, croit lui aussi que ce lien direct entre l’État et les entreprises de presse n’est pas l’idéal afin de conserver l’indépendance des médias. C’est du moins ce qu’il a mentionné lors d’une conférence, devant des étudiants en journalisme, au Cégep de Jonquière.

« Lorsque vous être tributaires ou assujettis à une aide financière, quelque, part, je pense que vous avez perdu la liberté qui est la vôtre. Surtout lorsque cette aide financière vient des pouvoirs publics », a-t-il affirmé.


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