Les sciences sont souvent boudées par la gent féminine, et l’université n’est pas en reste. Les programmes universitaires ont connu une baisse d’étudiantes inscrites.

Marie-Ève Duchesne

« Il y a 6 331 étudiants inscrits en Sciences et Génie à l’automne 2013 : 5127 au premier cycle, dont 25, 2 % sont des femmes. C’est la même tendance aux cycles supérieurs : les filles ne forment que 28,2 % du corps étudiant », nous apprend Nadir Belkhiter, vice-doyen aux études de la Faculté de Sciences et Génie.

À travers toutes les universités, la tendance est sensiblement la même. Selon des statistiques du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, les domaines les plus touchés par cette baisse sont ceux des sciences physiques et de l’informatique.

À titre d’exemple, le domaine des sciences physiques est passé de 19,3 % à 17% au cours des dix dernières années. Le plan Nord, qui avait augmenté les inscriptions en génie minier, est maintenant en baisse à cause des décisions du gouvernement Marois.

Le domaine de la science et de la technologie en est un qui est essentiellement masculin : «Aujourd’hui, il faut savoir que dans certains domaines d’études scientifiques ou techniques, seulement un étudiant sur cinq est une fille», explique M. Belkhiter. Cependant, tout n’est pas noir, les admissions ont augmenté dans les domaines de l’aérospatial, de l’aéronautique et de l’astronomique.

La situation est semblable du côté du corps professoral : «Dans notre faculté, par exemple, le taux moyen des effectifs de sexe féminin au sein de nos départements de sciences pures et appliquées est de 20 % et chute à 10,5 % dans nos départements de génie», ajoute M. Belkhiter.

Ce qui expliquerait cette baisse notoire, selon M. Belkhiter, c’est le trop faible intérêt des filles pour le domaine des sciences. Pour l’augmenter, il faudrait faire «une meilleure promotion des carrières scientifiques et technologiques auprès des jeunes filles, et ce, dès le secondaire», rajoute M. Belkhiter.

10 000 $ a été octroyé par le gouvernement du Québec au programme «Les filles et les sciences : un duo électrisant » dans le but de promouvoir les carrières scientifiques chez les jeunes femmes. L’événement avait lieu simultanément à Rimouski, à Québec, à Montréal et en Estrie. Il a attiré plusieurs jeunes femmes qui souhaitent en apprendre plus sur les opportunités de carrières en sciences et technologies.