Alors que de nombreuses associations étudiantes entrent en grève pour contester les politiques d’austérité du gouvernement libéral, une contre-contestation se prépare, par le biais de la Fondation 1625. L’objectif : assurer l’accès aux cours pour les étudiants qui le souhaitent, et ce malgré les lignes de piquetage. Entretien avec Miguaël Bergeron, un des représentants de ce mouvement.

Pascal Lévesque

Parti de l’initiative de Miguaël Bergeron, avec entre autres Laurent Proulx et Jean-François Morasse, la Fondation 1625 existe depuis 2012 des suites de la crise étudiante. Laurent Proulx, alors étudiant en droit à l’Université Laval, avait décidé d’assister à ses cours par le biais d’une injonction octroyée par les tribunaux considérant la grève étudiante illégale. Cette initiative, désormais associée au mouvement des « carrés verts », a fait des émules et a mené à la création de la Fondation 1625. Ce mouvement cherche à contester la grève, mais aussi le monopole des associations étudiantes.

Pour Miguaël Bergeron, la position de la Fondation 1625 est claire : « La grève étudiante est un moyen de pression illégal et illégitime selon la jurisprudence. Les étudiants ne sont pas des travailleurs syndiqués qui ont des ententes négociées grâce à des conventions collectives dans le cadre de relations de travail. » L’étudiant en administration des affaires à l’UL estime que toute personne empêchant l’étudiant d’assister à ses cours en les bloquant ou en les piquetant serait dans l’illégalité, vote de grève étudiante démocratique ou pas. Il explique que, bien que le droit de grève soit essentiellement statuaire, un étudiant ayant payé ses frais de scolarité a une entente contractuelle avec son établissement qui se doit de lui fournir les services pour lequel il a payé.

Kits d’injonction

Pour contrer la grève étudiante qui se prépare, la Fondation 1625 a conçu des kits d’injonction. Ces « trousses de conseils » consistent en des avis juridiques mis en place en collaboration avec des juristes. Pourtant, les cibles des injonctions ont changé même si le but de pousser les enseignants à donner leur cours malgré la grève reste le même. « Contrairement à 2012, les injonctions ne cibleront pas spécifiquement les cours qui sont bloqués, mais l’ensemble de l’institution éducationnelle via un mandamus qui l’oblige à donner les services pour lesquels l’étudiant a payé », affirme M. Bergeron. « Les recours juridiques viseront aussi directement les recteurs et les leaders étudiants, tant des associations qui entrent en grève ou des grandes fédérations étudiantes », précise-t-il.

La Fondation 1625 entend aussi continuer à contester ce qu’elle considère être un « monopole des associations étudiantes », même si elle vient d’être déboutée en Cour supérieure à ce sujet. Les membres de la Fondation 1625 contestent le fait que les étudiants soient contraints d’être représentés par une seule association avec des pouvoirs particuliers et dont les décisions les affectent. Ils veulent avoir la possibilité légale de s’en dissocier.