Dans l'ordre: Michelle Blanc, François Bouchard (SPVQ), Claire Beaumont (Ulaval), Anne-Sophie Ruest-Paquette (GGUL, animatrice) et Marc-André Dandeneau (DG groupe champlain). Courtoisie : Louis-Filip Tremblay

Dans l’ordre: Michelle Blanc, François Bouchard (SPVQ), Claire Beaumont (Ulaval), Anne-Sophie Ruest-Paquette (GGUL, animatrice) et Marc-André Dandeneau (DG groupe champlain). Courtoisie : Louis-Filip Tremblay

Marc-André Dandenault, 33 ans, est homosexuel. Il est également directeur général d’un grand hôtel de Québec. Aujourd’hui, Marc-André va bien. Il est heureux et il aime ce qu’il fait. Cela n’a cependant pas toujours été le cas. À l’âge de 15 ans, Marc-André était étudiant dans une école secondaire de région. Son homosexualité l’a rendu la risée de son école, «Je suis devenu un déchet», a-t-il affirmé. L’intimidation dont il a été victime l’a mené à deux tentatives de suicide et l’ont finalement obligé à quitter sa région natale pour Montréal.

Marc-André est la preuve qu’encore aujourd’hui au Québec, l’homophobie est une réalité tout ce qu’il y a de plus vivante. Cette homophobie, exacerbée par le nouveau phénomène de la cyberintimidation, rend de nombreux jeunes incapables d’avoir une jeunesse normale.

Ainsi, c’est parce ce qu’il désire être un modèle positif pour la jeunesse que Marc-André a relaté son expérience avec la cyber-intimidation durant un panel organisé par le groupe GLBT-Québec dans le cadre de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

Durant le panel, la majorité des intervenants se sont entendus pour constater le manque de ressources disponibles afin de venir en aide aux victimes de cyberintimidation. «Il va falloir un réellement scandale», a affirmé Michelle Blanc, experte en médias sociaux et elle-même transgenre. Pour elle, la sensibilisation gouvernementale est également primordiale; «l’on a aidé les gens à attacher leurs ceintures de sécurité, mais il faudrait faire quelque chose pour que l’intimidation sur le web cesse».

L’intimidation sur le web est un phénomène relativement nouveau, mais qui semble exacerber les effets de l’intimidation et du harcellement. Les victimes, en effet, se font poursuivre par leurs agresseurs jusqu’au sein de leur domicile et ne peuvent se prémunir contre les agressions incessantes venus de gens rendus encore plus cruels par l’anonymat du web.

Pour Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence dans le milieu scolaire de l’université Laval, les statistiques ne sont pas toujours juste, ce qui rend le phénomène difficile à cerner. «Très peu de cas sont rapportés, mais nous savons que cela existe» a expliqué François-Y. Blanchet, sergent au SPVQ. L’important est donc la sensibilisation, qui, d’après Mme. Beaumont, commence à porter fruit.

Au-delà des victimes et des agresseurs, c’est tout le milieu qui est concerné rappelle Mme. Blanc, mais les ressources manquent et le système judiciaire est déficient et mal outillé pour le web.

Louis-Philippe Boulianne
Chef de pupitre Actualités