Pour l’occasion, la FLSH souligne son anniversaire avec une grande « Semaine des lettres et des sciences humaines », du 20 au 24 novembre. Plus de 35 activités sont aux programmes : conférences, évènements de création, tables rondes, projections, colloques étudiants.

Fondée en 1937, la Faculté regroupe aujourd’hui quatre départements et une école. « C’est plus de 4 000 étudiants, 120 professeurs réguliers et près de 200 chargés de cours », souligne le doyen de la Faculté, Guillaume Pinson.

L’objectif pour les 80 ans de la FLSH est de «valoriser et comprendre le rôle des sciences humaines aujourd’hui », précise M. Pinson. Les pourparlers pour la semaine des lettres et des sciences humaines ont débuté au printemps dernier et la réponse a été très positive dès le début, explique l’expert en histoire des médias.

«Nous avons proposé à tous les enseignants de la Faculté d’annuler leurs cours et de proposer quelque chose qui serait monté avec les étudiants et de l’offrir ensuite à l’ensemble des visiteurs », dit-il en soulignant l’importance de la participation des étudiants qui ont organisé environ 70% des activités.

Le programme de la semaine touche différents enjeux sociétaux et d’actualités : «participation citoyenne, la question de l’actualité, le patrimoine, la guerre, mais aussi tout le volet de vulgarisation des disciplines », explique le doyen.

Valorisation des sciences humaines

 Le doyen de la FLSH estime que les nombreuses activités de la semaine aideront la Faculté et les sciences humaines en général à récupérer leur notoriété. «Les sciences humaines souffrent à travers le monde, ce n’est pas un phénomène propre à ici, c’est un phénomène mondial », constate Guillaume Pinson.

Il estime que sa Faculté souffre d’une désaffection face aux sciences humaines et de la valorisation des programmes professionnels, très technique. De plus, l’aide financière n’est pas au rendez-vous : « On est très peu financé, nous sommes les domaines les moins financés de l’UL. », relève-t-il lors de notre entretien.

Le doyen reste toutefois très optimiste face à l’avenir. Il estime qu’un retour du balancier surviendra rapidement. « Il y a un besoin fondamental de nos disciplines dans nos sociétés. Il faut des gens qui savent décoder le monde qui nous entoure », croit-il. Professeur titulaire au département de littérature, théâtre et cinéma, le doyen explique que les disciplines de la FLSH sont parfois trop tenues pour acquises par la population et cette dernière ne se rend pas compte de son importance : « Imaginons un monde sans littérature, pas de théâtre, pas d’écrivain, pas d’historien, sans journaliste et sans cinéma… On a vraiment besoin de ces disciplines. »

Il rajoute que le contexte mondial actuel ne peut que jouer en faveur des sciences humaines. « Il y a tellement de choses qui se passent à travers le monde, les technologies bouleversent nos sociétés et il faut prendre le temps de les comprendre et de les intégrer », explique-t-il en rajoutant que la FLSH travaille actuellement sur des projets de chaire de recherche qui lieraient numérique et sciences humaines.

Son histoire

En 1920, l’Université Laval crée une formation pour les professeurs, avec l’École normale supérieure, composée d’une section lettres et d’une section sciences. C’est de la section lettres que va naitre la Faculté des lettres, en 1937.

Lors de sa création, la Faculté des lettres se concentre sur les études classiques. Le français, le latin, le grec, l’anglais et les langues modernes seront enseignés dès les débuts. En 1946, l’Institut d’histoire et de géographie offre aux étudiants plusieurs certificats supérieurs, tant en histoire du Canada, du Moyen-Âge, de l’Antiquité ou en géographie régionale.

C’est en 1970 que la Faculté des lettres réforme ses programmes en départements. Toutefois, c’est seulement en 2013 que la Faculté des lettres deviendra la Faculté des lettres et des sciences humaines.