L’enjeu était de taille : la fin d’un conflit de travail qui aura soulevé les passions et duré plus d’un an.

Les gains sont importants, « inespérés » selon certaines. Il est vrai que les négociations piétinaient, mais l’intervention de la nouvelle présidente du Conseil du Trésor, Mme Courchesne, fraîchement nommée à ce poste en août dernier, aurait fait débloquer les tractations, d’après la présidente de la FIQ, Régine Laurent.

Il est à noter que les infirmières ont fait appel à un large éventail de moyens de pressions, tout en évitant la manifestation illégale, afin de parvenir à cette entente négociée.

Si les améliorations des conditions de travail sont nombreuses, seules quelques unes d’entre elles auront retenu l’attention des membres de la FIQ.

Les chevauchements interquarts obtiennent indéniablement la première position. Au cœur des revendications des dernières années, ces heures travaillées mais non rémunérées représentaient un « fardeau soutenu par les salariées plutôt que par l’employeur », d’après une infirmière rencontrée immédiatement après le vote.

Cependant, les infirmières cliniciennes, ou infirmières bachelières, saluaient unanimement la reconnaissance de leurs heures travaillées en temps supplémentaire. « Ça encourageait l’employeur à nous faire rester plus longtemps au travail, car ça lui coûtait moins cher que d’ouvrir un poste. Cependant, ce n’est vraiment pas le meilleur choix pour protéger la qualité des soins donnés au patient », nous confie l’une d’elles.

De façon étonnante, aucun membre ne nous a affirmé que la majoration des primes constitue un aspect déterminant de cette convention.

Une infirmière auxiliaire nous a affirmé être très satisfaite de l’augmentation des postes d’auxiliaires, ce qui permettra « de réduire le nombre de filles qui devront rentrer sur appel ».

Enfin, le rehaussement des postes à temps partiel ne s’est attiré que des éloges, car il « limitera la précarité dans laquelle plusieurs de mes collègues baignent actuellement, ce qui est complètement ridicule dans un contexte de pénurie de main d’œuvre. Cette pénurie est artificielle : il ne manque pas de filles, mais de postes », selon     une professionnelle en soins.

L’issue du vote ne semblait pas certaine cependant. Le fait que les infirmières au bloc opératoire ne touchent pas aux primes de soins critiques a influencé certains membres, tout comme la disparition des congés de rétention aux professionnelles de plus de 55 ans possédant un poste à temps partiel.