Si vous êtes étudiant à l’Université Laval, il est fort probable que vous ayez un jour à leur faire face : les cours en ligne. L’opportunité d’apprendre le latin depuis son douillet appartement est, il faut le dire, alléchante. Néanmoins, avec 740 cours en ligne, soit encore plus que la TÉLUQ, il y a fort à parier que ce n’est pas tout le monde qui aime la formation à distance.

En avril 2014, l’Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (ÆLIÉS) publiait un mémoire au sujet de la formation à distance. Selon leur sondage réalisé auprès de 679 étudiants des cycles supérieurs, 81% disent avoir apprécié leur expérience de cours à distance.

Malgré cette visible appréciation de la part des étudiants, l’ÆLIÉS émet quelques critiques face aux cours en ligne. Le mémoire fait la recommandation suivante :« Que l’Université Laval continue d’offrir les cours et en présentiel, et à distance de façon à ce que l’étudiante ou l’étudiant puisse choisir la formule qui lui convient le mieux.»

Aussi, l’ÆLIÉS affirme que « la formule de cours à distance apparaît peu appropriée pour certaines matières, parfois parce que le contenu s’y prête mal, parfois parce que le cours à distance est le résultat d’une adaptation insuffisante d’un cours initialement offert en présentiel. »

Des cours obligatoires en ligne

Pour Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales de l’Université Laval, les cours à distance sont un moyen d’attirer plus d’étudiants. Selon M. Garnier, l’offre de cours en ligne pourrait permettre de contrer la décroissance démographique dont est affligé le Québec, de développer la visibilité de l’Université sur le plan international et de favoriser l’accessibilité aux études.

Si plusieurs cours sont offerts en alternance (voire simultanément) en ligne et en classe, ce n’est pas le cas de tous. M. Garnier affiche ici une certaine confusion : « Ce que je sais, c’est qu’en général il y a toujours un cours en classe possible. Certains cours optionnels ne sont donnés qu’en ligne. […] Ce sont des choix facultaires et départementaux. On a une structure décentralisée et les facultés sont les meilleurs décideurs à ce niveau-là. »

Toutefois, certains cours ne sont désormais offerts qu’en ligne. Pour certains programmes, ce sont même des cours obligatoires qui subissent ce traitement. C’est le cas notamment des baccalauréats en géographie, en études anciennes et en génie alimentaire, ainsi que du certificat en droit.

Ne succombant pas à cette tendance, le baccalauréat en histoire est l’un des rares programmes où l’entièreté des cours obligatoires est offerte en classe seulement. Sans pour autant condamner les cours en ligne, l’association étudiante est contente de pouvoir disposer de cours en classe.

« Nous comprenons que, pour de plus en plus de gens, les cours à distance facilitent l’accès au savoir et au monde universitaire. Par contre, nous souhaitons voir sa croissance limitée et surveillée. Nous considérons la relation entre le corps professoral et la population étudiante très importante dans le processus de formation intellectuelle et d’acquisition de connaissances », explique Loïc Voyer, coordonnateur à la pédagogie de l’Association des étudiantes et étudiants en histoire.

Plus tranché encore, M. Voyer ajoute : « Nous ne souhaitons pas voir les cours obligatoires se donner uniquement en ligne. »

Selon M. Garnier, les cours à distance ne sont pas un moyen pour l’Université Laval d’économiser. Le vice-recteur ajoute : « Il faut garder l’esprit des cours en ligne en vue. Ce ne sont pas des moyens économiques. »

Préserver le contact avec le professeur

Pour Jessica Payeras-Robles, professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’apport d’une formation en ligne a beaucoup d’avantages, mais aussi des inconvénients. « Plusieurs étudiants aiment avoir un contact avec le professeur. Les cours en ligne peuvent être trop impersonnels », indique-t-elle. De même, selon Mme Payeras-Robles, les cours en ligne pourraient être désavantageux pour certains professeurs. « Les étudiants ont l’impression que les professeurs sont disponibles 24 heures sur 24. […] Ça prend beaucoup de notre temps de répondre à tout le monde. Ça peut avoir une incidence sur la santé de certains profs », explique-t-elle.

Néanmoins, pour la professeure, ces quelques inconvénients n’enlèvent pas les avantages de la formation à distance. « Les cours en ligne on un grand impact sur la façon d’enseigner. Il peut y avoir de la monotonie de moins qu’avec les cours en classe », conclut-elle.