Cinq mois après avoir perdu un financement de 14 millions de dollars, les Forums jeunesse régionaux du Québec (FJRQ) veulent retrouver leur argent. Branchés sur le cabinet du Premier ministre, ils y déposeront un plan pour augmenter la participation des jeunes en politique.

Depuis 15 ans, la Table de concertation jeunesse des forums jeunesse régionaux du Québec finance divers projets « par et pour les jeunes », selon les mots de son président Félix Joyal-Lacerte. Au nombre des réalisations : le Festif! de Baie-St-Paul, le forfait réduit pour étudiants du RTC, Jeunes musiciens du monde ou encore Zap Québec, un wifi disponible gratuitement partout au Québec. Au-delà des succès, le financement permettait à des jeunes de développer leurs compétences en s’impliquant dans des projets locaux partout au Québec.

Photo : Alice Chiche

Félix Joyal-Lacerte – Photo : Alice Chiche

Le 22 avril dernier, austérité oblige, le gouvernement a coupé les vivres. Toutes les ressources humaines sont devenues bénévoles. Le Premier ministre a transféré l’argent et les mandats dans les carrefours jeunesse-emploi. Par contre, la participation des jeunes dans les projets n’est pas de leur ressort. Ces derniers se concentrent sur l’emploi justement, et ne possèdent pas vraiment les compétences en matière de participation.

Les FJRQ déposeront donc un « projet national », question d’offrir un plan pour encourager la participation des jeunes, sur des volets politiques autant qu’entrepreneuriaux. Un dossier « étoffé et appuyé par la recherche » sera déposé d’ici le début d’octobre.

« Il faut que ce soit du nouveau. Il ne faut pas qu’on fasse des copier-coller de ce qu’on faisait. Peut-être même qu’il faudra juste changer de nom. Ça paraît mal un ministre qui coupe des jeunes impliqués et puis qu’après, il les refinance. C’est pour cela qu’on est en train de changer tout ça », commente M. Joyal-Lacerte.

« Il n’aura pas le choix »

Le Premier ministre Philippe Couillard occupe aussi le poste de ministre de la Jeunesse. « C’est le Premier ministre qui a pris la décision de retirer la somme. Le dossier est politique et non pas administratif », explique M. Joyal-Lacerte. « Il n’aura pas le choix [de rétablir le financement]. Ça serait de la mauvaise foi. »

Trois « axes » sont avancés pour encourager la participation. D’abord, il faut offrir des postes réservés aux jeunes sur les conseils d’administration (CA). Rappelons que moins de 1 % des membres des CA de la province sont âgés de moins de 35 ans. L’âge moyen d’entrée sur un CA est de 51 ans.

« Encourager la participation électorale des jeunes » est aussi à l’horaire. Pour ce faire, les FJRQ comptent réaliser des simulations électorales dans les écoles secondaires de la province. 38 % des 18 à 25 ans sont allés voter aux dernières élections fédérales, contre 61 % tous âges confondus.

Finalement, il faut impliquer des jeunes dans les conseils municipaux et ceux des municipalités régionales de comtés (MRC). Pour que les jeunes s’impliquent au niveau local, la FJRQ compte mettre sur pied des simulations de conseil municipal. « Même pas 10 % des conseils municipaux sont constitués de jeunes », rappelle Félix Joyal-Lacerte.

Après le dépôt du « projet national », le Premier ministre aura 45 à 90 jours ouvrables pour donner une réponse.

Mise en contexte

La communauté étudiante était invitée à un bière & politique le 22 septembre dernier sur le thème de la Politique québécoise de la jeunesse. Ce rendez-vous était organisé en partenariat avec la CADEUL et le Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale. En raison de la suppression du financement des forums jeunesse, Impact Campus a voulu se pencher sur l’état actuel de cette institution jeunesse.