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Le modèle démocratique étudiant fondé sur la participation directe est-il en péril? Les assemblées générales feront-elles place à un autre mode de représentation? Miguaël Bergeron, ancien « carré vert » et cofondateur de la Fondation 1625, et Emanuel Guay, ancien coordonnateur aux communications de l’Association pour un solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), ne s’entendent pas. Quel avenir pour un modèle délaissé par une majorité?

« Quand tu as un référendum qui propose de t’affilier à une structure et que tu as moins de 20 % des gens qui se prononcent, il faut se poser des questions. […] Visiblement, les étudiants ne sont pas intéressés à participer activement à leurs associations », constatait Miguaël après le vote sur l’affiliation de la CADEUL à l’Union étudiante du Québec (UEQ).

Il a depuis longtemps critiqué le modèle de démocratie directe sur lequel les associations étudiantes sont fondées. L’ancien carré vert n’a pas peur des mots : les grèves de 2012 ont causé une fracture, et depuis, les étudiants n’ont peut-être qu’un intérêt secondaire envers les actions menées par leurs associations.

Le modèle démocratique de participation directe, où l’étudiant est placé au centre du processus décisionnel, est au nombre des facteurs qui expliquent un désintérêt grandissant envers la participation politique étudiante, croit celui qui complète ses études en administration des affaires. « Il y a un manque d’intérêt à la base, une brisure […] et un mode de participation archaïque. […] Je suis en administration, et même si je le voulais, ce serait impossible [d’avoir un système de participation fondé sur la démocratie directe]. »

Emanuel Guay n’en est pas si sûr. « L’assemblée générale demeure, à mon avis, la manière à la fois la plus efficace, puis la plus transparente et démocratique pour prendre des décisions sur des enjeux qui concernent [les étudiants] directement », explique le militant de longue date à l’ASSÉ. « Comment veux-tu avoir une démocratie quand tu adoptes un modèle qui fait que peu de gens y participent? », questionne en retour Miguaël.

S’il reconnaît qu’il s’agit d’un problème, Emanuel ne pense pas qu’abandonner le modèle actuel le résoudrait pour autant. Selon lui, il est de la responsabilité de chacun de se présenter dans les « espaces de délibération » que sont les assemblées générales. Sans quoi, le problème persiste.

Eux et nous

Le sentiment de Miguaël est partagé par plusieurs, selon son analyse : il y a les associations étudiantes et les autres, bien qu’en théorie, tout le monde constitue l’association. « La méthode même, la façon qu’une assemblée est structurée, ce n’est pas fait pour qu’il y ait de la diversité d’opinion », pense le carré vert, qui reproche que le temps de parole et le nombre de gens soient réduits, en plus que l’assemblée générale impose des limitations temporelles et géographiques. Ces assemblées se tiendraient dans un environnement « contrôlé ».

Contrôlé? Rien de tel, estime Emanuel, qui prétend que chacun doit prendre sa place pour faire entendre sa voix. Le mode de fonctionnement actuel est pensé de manière à ce que chacun puisse s’exprimer librement et participer au débat, tout en étant confronté à des opinions opposées aux siennes. Il faut aussi « admettre des fois que ce ne soit pas notre point qui prime, que ce ne soit pas notre perspective en fin de compte qui ait le haut du pavé.  […] Ultimement, c’est ça la délibération; c’est soumettre une idée puis voir si elle gagne l’assentiment ou si elle finit par être rejetée », admet l’étudiant en sociologie. 

Une alternative?

Le vote électronique pourrait être une avenue intéressante à emprunter, concède Miguaël, pour faire augmenter la participation et le degré de légitimité des positions. Malgré tout, il pense qu’une peur du changement est bel et bien ancrée dans le mouvement étudiant.

Emanuel ne pense pas qu’une réforme du modèle soit nécessaire. Il mise plutôt sur l’emploi de nouvelles manières d’affilier de nouveaux membres et de la façon de s’adresser à eux. À une échelle locale, il faudrait stimuler la participation aux assemblées générales et ne plus « voir les associations comme une espèce d’adversaire ». 

Tout cela serait une question de culture associative propre au mouvement étudiant, présume Patrick Taillon, professeur à la Faculté de droit de l’UL et ancien militant étudiant. Les structures en place ne seront jamais tout à fait adéquates, concède-t-il, mais elles ne sont pas à délaisser puisque les étudiants doivent avoir une voix pour interpeller les acteurs politiques. « Le pire scénario, c’est de négliger la nécessité de faire de la politique à l’échelon national, sous prétexte que la structure n’est pas parfaite. » Il revient selon lui à chaque association d’adopter le modèle qu’il juge le plus adapté à sa culture, participatif ou représentatif.

Lisez la suite du dossier :

Assos et démocratie directe vues par un politologue 

Démocratie étudiante : Décortiquer le modèle français 


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