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C’est un fait. Les associations étudiantes attirent de moins en moins d’étudiants en assemblées et aux scrutins. Une bonne partie de la communauté universitaire avoue se sentir peu concernée et engagée dans le processus démocratique de leur association. Impact Campus a rencontré Jean Mercier, professeur titulaire en science politique, pour faire le tour de la question.

Q : Croyez-vous que les taux de participation plutôt faibles entachent la réputation des « assos » ?

Il faut comprendre que les taux de participation en politique publique baissent partout dans le monde et n’épargnent pas le campus. C’est le cynisme : les gens ont souvent l’impression qu’il n’y a pas de problème et que les choses roulent si personne n’en parle. En ce sens, je ne crois pas que le nombre d’électeurs touche la légitimité des associations étudiantes. Toutefois, le modèle d’Olson, selon lequel il est difficile de faire voter des individus sans intérêt matériel, s’applique aux associations étudiantes, qui auraient intérêt à revoir certains aspects de leur administration.

Q : Ce modèle, fondé sur la démocratie directe, durera-t-il selon vous, ou alors une réforme sera nécessaire ?

Je crois que la technique des systèmes de vote peut être revue. La voie électronique est aujourd’hui possible et souhaitable à l’UL, comme en témoigne l’offre variée des cours à distance. L’ouverture technologique et la meilleure diffusion des activités augmenteraient probablement l’implication. L’autre possibilité serait de faire en sorte que les facultés [et départements] envoient leurs délégués aux grandes associations comme la CADEUL.

De telles élections pourraient augmenter le sentiment d’appartenance et favoriser la prise de parole, car les membres se sentiraient mieux appuyés par leurs sous-groupes. Le point de vue étudiant doit être représenté et je ne vois pas non plus la disparition de ces grands groupes, sinon peut-être une nouvelle répartition des charges et des responsabilités.

Q : Existe-t-il un parallèle entre les défis du mouvement syndical et ceux des associations étudiantes ?

Depuis le printemps érable en 2012, on fait souvent des rapprochements entre les associations étudiantes et syndicales, comme quoi ils commandent les mêmes choses, les mêmes mouvements. C’est bien vrai. Toutefois, il faut bien voir que les retombées ne sont pas les mêmes. Les impacts du mouvement syndical sont plus concrets et plus importants sur la qualité de vie professionnelle que ne l’est le mouvement étudiant sur l’université. Il y a donc un écart dans les effets décisions, d’où peut-être une moins grande participation et de moins grands défis du côté des assemblées étudiantes.

Q : Diriez-vous que les cahiers de positions des associations étudiantes tendent à figer les mentalités, d’une cohorte à l’autre ?

Si ces grandes lignes arrêtent les idéologies principales du groupe pour ce qui est des principes, il n’est pas grave, même normal que cela soit fixe. Si, toutefois, ces décisions se figent sur le plan de l’opérationnalisation et des aspects tactiques relatifs à la réalisation des grands objectifs, il y a réellement matière à réflexion et à plus de flexibilité. Au fond, il faut distinguer l’éthique de conviction et de responsabilité. La première englobe des postulats qui ne changent pas, pendant que la deuxième consiste à s’adapter aux circonstances, afin de tirer le maximum de la mise en œuvre de ces principes. L’équilibre se trouve dans l’utilisation combinée de ces deux manières de penser.

Lisez la suite du dossier : 

Où va la démocratie participative étudiante? 

Démocratie étudiante : Décortiquer le modèle français 


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