Que ce soit Thomas More ou Platon, plusieurs ce sont laissés tenter par l’expérience d’imaginer un système politique parfait, un système utopique. Aujourd’hui, c’est au tour d’étudiants de l’Université Laval de se lancer dans cet exercice grâce au projet Utopia.

Le principe est simple : créer un régime politique idéal pour répondre aux besoins d’une société humaine. Assurer le développement durable, préserver la paix sociale, faire face aux caprices de la nature et rendre négligeable la corruption, voilà les objectifs du système politique qui sera créé sur papier par le projet Utopia.

Le système imaginé par l’équipe du projet devra aussi s’adapter à n’importe quel État. Comme l’indique Maxime Pelletier, étudiant en administration et responsable du projet : « On veut que notre système soit capable de s’adapter à n’importe quelle situation. On veut qu’il soit capable de s’adapter à n’importe quel État qui a déjà existé, qui aurait existé ou qui existera dans le futur. »

Un tantinet ambitieux ? M. Pelletier le concède : « On sait qu’on n’a aucune chance d’y arriver, mais on se dit qu’en mettant la barre aussi haute, on va arriver à quelque chose de quand même mieux que ce qu’on a aujourd’hui comme système politique. »

Pour arriver à leur objectif, l’équipe du projet Utopia y va avec la technique la plus simple : la discussion. C’est ainsi que chaque semaine, pendant quatre heures, les membres du groupe discutent d’un point particulier de leur système politique. Une semaine, ce sera le rôle des représentants de l’État, une autre ce sera la séparation des pouvoirs exécutifs et législatifs.

D’ailleurs, les discussions étant le point central du développement du projet Utopia, celles-ci sont conçues de manière à ce que tous se mettent d’accord sur les différents aspects du projet. Ainsi, aucune décision ne pourra être prise sans l’unanimité des gens présents à la rencontre. « Une de nos règles : on a pas le droit de juste dire “Non, ton point n’a pas d’allure.” Faut jamais arrêter le débat tant qu’on n’est pas sûr à 100 % du point », explique M. Pelletier.

Une équipe éclectique

Si on peut se douter de la participation d’étudiants en sciences politiques et en philosophie au projet, l’initiative est loin de se limiter à des étudiants de ces deux seules disciplines. « On veut du monde de tous les domaines qui pourraient être utiles. On a un membre en sciences politiques, un en histoire, un en génie, un en administration, un en philosophie et un en géographie », démontre ainsi M. Pelletier.

L’avantage d’aller recruter dans toutes les facultés ? « C’est la façon de penser. Quelqu’un en sciences humaines n’aura pas la même façon de réagir à un problème que quelqu’un en sciences naturelles par exemple », commente-t-il.

Pourquoi s’adonner à cet exercice ?

Si des étudiants sont prêts à passer 4 heures par semaine à discuter d’un système qui ne prendra peut-être jamais forme, c’est qu’il y a sans doute quelque chose à retirer. Comme le dit Maxime Pelletier : « En même temps ça nous apprend pourquoi les choses existent. On se dit : “S’ils ont fait ça, il y a sûrement une raison.” Parfois on lit les droits humains et on se dit : “Pourquoi on ne le mettrait pas dans notre système ?” »

Quant à ce que deviendra le projet une fois terminé, la chose est encore lointaine. « On veut avoir au moins une version papier de ça. On va voir après ce qu’on veut faire avec ça, si on veut la publier, la rendre publique, ou la garder juste pour nous. »


 

Si vous êtes intéressés à participer au projet Utopia, il reste toujours des places libres dans l’équipe. D’ailleurs, ils sont activement à la recherche d’étudiants dans le domaine de la médecine, de l’éducation et du génie civil. Vous pouvez écrire à [email protected]

Leur réunion de recrutement se tient le mardi 7 octobre, de 11h30 à 12h20 au local 1431 du DKN.