Le 6 octobre dernier, sous l’impulsion de l’association étudiante des deuxième et troisième cycles de l’Université Laval (Aeliés), fut organisée une conférence à plusieurs panélistes sur le sujet des régimes de retraite et du rapport d’Amours.

Une variété de panélistes, chapeautés par Françoise Guérette, journaliste indépendante, ont eu à intervenir avec Alban d’Amours sur un sujet tout chaud de l’actualité: les régimes de retraite.

« Un rapport audacieux tout en étant pragmatique »

C’est ainsi que M. d’Amours a décrit son rapport en guise d’entrée en matière. Énergique, d’Amours explique à la salle les grandes lignes de son rapport. Il explique que l’enjeu principal de son rapport est d’abord et avant tout d’assurer la sécurité financière des Québécois et des Québécoises.

Puisque le sujet des régimes de retraite est un très gros sujet d’actualité, celui-ci étant un enjeu majeur de la campagne électorale municipale de la ville de Québec, le rapport d’Amours fut articulé en vue de répondre à une vision précise de la crise des régimes de retraite.

Les trois principaux facteurs de cette crise de régimes de retraite sont, selon d’Amours, les changements démographiques, la baisse des taux d’intérêts canadiens ainsi que l’état des marchés financiers. Sans entrer dans les détails, ces trois facteurs sont des points tournants dans le sort des régimes de retraites publics. Un autre facteur qui entre en ligne de compte est la mauvaise gestion des années 90. Durant cette période de forte croissance positive des régimes de retraite, les gestionnaires des fonds ont dilapidé les surplus en accordant des congés de cotisations ou en réduisant les cotisations sans l’optique de conserver ces surplus pour une période possiblement plus difficile dans le futur.

Un panel d’ experts qui approfondissent

La force de cette conférence reposait aussi sur un panel d’experts diversifié. Outre la passion d’Alban d’Amours pour son sujet, il était intéressant d’entendre la contribution de Daniel Coulombe, professeur titulaire en comptabilité à à l’Université Laval ainsi que celle de Frédéric Hanin, professeur au département de relations industrielles qui ont à leur manière abordé des aspects importants du problème des fonds de retraite.

Monsieur Coulombe a fait l’éloge du régime à cotisations déterminées (tel celui des fonctionnaires) comme étant le meilleur moyen d’assurer une sécurité financière aux Québécois et Québécoises. Il a lui aussi fait le tour de la crise des régimes de retraite et a énoncé les trois symptômes principaux, soit la baisse des taux d’intérêt qui a mené à la hausse des passifs (dette) des régimes, la crise de 2008 qui a réduit le montant de l’actif (fonds) du régime ainsi que la baisse de la mortalité qui a aussi contribué à la hausse des passifs. Pour contrebalancer son propos plus négatif, monsieur Coulombe explique que même si le Québec n’a pas été sage en période d’abondance des régimes de retraite, il a toujours été plus prudent que plusieurs gestionnaires américains, qui n’hésitaient pas à drainer complètement les fonds de retraite pour encaisser les profits et redémarrer d’autres fonds de retraite.

Pour ce qui est de Frédéric Hanin, il se fait défenseur du modèle québécois de double financement avec la contribution du régime des rentes du Québec ainsi que des régimes d’épargne privés et des régimes de retraite associés à l’emploi. Comme les autres conférenciers, il ne peut savoir le sort exact qui sera réservé aux régimes de retraite dans le futur, mais il prône une réorganisation de la gestion des fonds de retraite, en donnant une voix officielle aux retraités et des structures qui vont leur donner un vrai pouvoir dans la gestion de ceux-ci, il prône aussi une responsabilité sociale des employeurs vis-à-vis les fonds de retraite tout en assurant un faible taux de risque aux régimes de retraite.

Le panéliste Yourri Chassin de l’Institut économique de Montréal était aussi présent, mais la teneur de son propos n’a fait qu’irriter quelques retraités dans la salle qui n’ont pas apprécié qu’il mette la faute de la crise sur le dos des fonctionnaires. Son propos semblait aussi ennuyer les panélistes puisque personne ne lui a vraiment répondu dans la partie débat.

Le rapport d’Amours et la conférence en recommandations

-Bonifier le régime des rentes du Québec avec une cotisation globale déterminée

-Faire cesser les bénéfices ajoutés aux régimes de retraite (primes, ristournes)

-Interdire les régimes sans garantie de rentes

-Créer un conseil de partenaires des régimes de retraite
-Augmenter le maximum des gains annuels à pension (« OUVRANT DROIT À PENSION  » PLUTÔT?)

-Favoriser la création de comptes Retraite épargne volontaires