Du 12 au 18 mars s’est déroulée la Semaine Africaine de l’Université Laval (SAUL). Le comité organisateur, composé de six Africaines, a mis de l’avant des activités afin de promouvoir les différentes cultures, l’histoire, les accomplissements et les talents d’Afrique.

Le tout a débuté en force avec une prestation de danse au Pavillon Vachon sur des musiques afro-américaines et africaines dont Formation de Beyoncé, une chorégraphie réalisée par Malika Akande.

Tout en faisant connaître la culture et l’histoire de l’Afrique, la SAUL veut démystifier tous les stéréotypes et préjugés que les gens pourraient avoir sur ce continent par le biais d’activités de différentes natures. « C’est aussi de montrer qu’il y a un autre visage de l’Afrique, l’Afrique a autre chose à vous apprendre que ce que l’on voit à la télévision qui ne montre pas un bon côté », dit avec fierté Rosie Kasongo, une des organisatrices de l’événement. Par ailleurs, le thème de cette année était la femme africaine.

Être une femme noire en Occident

Shella Munkurize est canadienne d’origine burundaise et complète une maîtrise en psychologie. « Je me suis centrée sur l’aspect de l’identité, je compte me diriger vers le profil clinique, car je trouve que non seulement il y a un manque de représentation, mais il y a beaucoup de besoins dans notre communauté ». Elle a animé le café discussion Être une femme noire en Occident, mardi dernier, avec la SAUL et les Féministes en Mouvement de l’Université Laval (FÉMUL).

Trois panélistes y ont discuté de divers enjeux: la représentation dans les médias, présentée par Dalila Yaro, étudiante en maîtrise en Sciences géographiques. Elle souhaitait montrer au public que la femme noire est peu visible dans les médias; elle a mis de l’avant le cyber afroféminisme et les Afro-Québécoises qui marquent l’histoire du Québec dont Yolande James, Michaëlle Jean et Dominique Anglade.

La doctorante en droit international et chargée de cours,Dieyneba Ndeye, présentait un panel sur le monde du travail et le milieu académique. Pour Mme Ndeye, la situation des femmes immigrées est celle qui s’est le plus améliorée sur le marché du travail entre 2015-2016; cependant, les femmes noires sont moins représentées dans les professions comme la gestion, les affaires, la finance et l’administration ainsi que les sciences sociales.

Dans la dernière présentation, Evelyne Mendes, étudiante en baccalauréat en génie chimique et responsable à la coordination générale de la FEMUL, a mis l’accent sur les groupes historiques des mouvements afro-féministes et sur des personnages marquants comme Viola Desmond. De plus, elle a présenté les défis des femmes noires au sein des mouvements de luttes sociales : la culture du viol, le colorisme, les luttes LGBTQ+, et l’incarcération de masse et la brutalité policière, des enjeux encore très présents aujourd’hui.

Mettre l’art de l’avant

La SAUL invitait les étudiants à assister à l’exposition de Kiini et au Salon du livre organisé par Djeneba Sibi. Des peintures et des portraits faits par Jean-Marc Ouattara et Gloire Munoko, étaient exposés. L’objectif de l’exposition était de mettre en lumière l’apport des Africaines dans l’évolution du continent, des femmes connues mondialement comme l’écrivaine Chimamanda Adichie avec son puissant discours ‘’ We should all be feminist’’ en 2012 et Winnie Mandela qui a œuvré pour la paix et la justice en Afrique du Sud et il a été l’un des piliers du combat mené par le parti African National Congress (ANC).

L’exposition a présenté d’autres femmes de plusieurs époques : Abla Pokou, la reine des baloués, une ethnie de l’Afrique de l’ouest; la prophétesse congolaise Kimpa Vita; Ellen Jonhson Sirleaf, la première présidente élue à la tête d’un pays africain en 2005; Wangari Muta Maathai, la première femme africaine originaire du Kenya à recevoir le Prix Nobel de la paix pour ses luttes écologiques et d’autres.

La SAUL, un succès

Pour clôturer le tout, le grand Gala Binti fut un autre succès. La soirée, organisée par Rébecca Kossa et animée par Lindsay Aïda Gueï, a mis des femmes inspirantes en lumière, dont Lysiane Randria, conseillère aux entreprises et présidente d’Atalia conseil et Bill Osiris Moussavou, créatrice de la marque de bijoux et d’accessoires Bill Blessing Design.

Ces femmes ont envoyé des messages puissants au public: malgré les barrières et les obstacles, il faut poursuivre afin de permettre le développement et la réalisation des rêves pour les prochaines générations.

La semaine africaine s’est terminée sur la patinoire du PEPS de l’Université Laval, avec de la musique afrobeat, ce qui a permis aux participant(e)s de s’amuser et de connaître l’autre tout, en mélangeant les cultures.