Le rapport de la professeure de l’UQAM, Manon Bergeron, concernant les violences sexuelles en milieu universitaire au Québec, a été rendu public le 20 janvier dernier. Le Centre de prévention et d’intervention en matière de harcèlement (CPIMH) et la CADEUL se sont entretenus avec Impact Campus afin de faire le point sur leurs projets futurs à l’égard des résultats qui sont ressortis de cette étude.

Le constat est clair. Selon le rapport, 36,9 % des 9284 répondants soutiennent avoir vécu au moins une situation de harcèlement sexuel, de comportement sexuel non désiré ou de coercition sexuelle par une autre personne affiliée à l’université depuis qu’ils ou elles y étudient ou y travaillent.

À l’issue de cette recherche, plusieurs recommandations ont été faites afin d’améliorer la situation actuelle au sein des différentes communautés universitaires.

Un travail sans relâche

Le CPIMH souhaite renforcer davantage les ressources liées aux problématiques concernant les violences sexuelles. Plusieurs projets sont d’ailleurs en train de voir le jour afin de continuer d’améliorer l’environnement universitaire de l’Université Laval par rapport à cette problématique récurrente.

La directrice du groupe, Josée Laprade, souligne l’importance de s’impliquer dans la lutte contre ce fléau présent au sein de plusieurs universités québécoises. « On va mettre un standard québécois dans les universités par rapport à cette problématique-là », explique Mme Laprade. Elle insiste notamment sur le fait qu’il s’agit d’un travail à long terme.

« C’est sûr que c’est désolant comme résultat. Une victime, c’est déjà trop. Donc de savoir que c’est autant présent, c’est problématique », précise la présidente de la CADEUL, Vanessa Parent, quant aux données émises au sein de l’enquête ESSIMU.

Elle soutient notamment que d’avoir des études québécoises qui font état de la situation au sein de notre environnement immédiat permet de faire prendre conscience que la problématique est réelle et que des actions doivent être prises, et ce, dans les meilleurs délais.

La CADEUL travaille notamment avec la campagne de sensibilisation Sans oui, c’est non afin de pouvoir poser des actions concrètes. « Plusieurs formations sont en train de prendre forme afin de pouvoir offrir un soutien aux étudiants dans le besoin. On se prépare également aux consultations de la ministre David », explique la présidente de la CADEUL.

De projet en projet

L’Université Laval et le CPIMH travaillent conjointement sur un projet de type Sentinelle, mais spécialisé envers les violences sexuelles. Au sein de l’institution, plusieurs personnes seront formées afin de devenir les premiers intervenants, c’est-à-dire bons confidents en orientant les personnes vers des ressources accessibles facilement.

Josée Laprade mentionne que plusieurs autres projets vont voir le jour d’ici peu. « Dans les prochaines semaines, on va avoir une formation de témoins actifs, afin de former les étudiants pour être incités à intervenir lorsqu’ils sont témoins d’une situation [d’une quelconque forme de] violences sexuelles », précise la directrice du CPIMH.

La CADEUL prépare également plusieurs plans d’action au sein même du campus afin de pouvoir impliquer les étudiants. « Je pense que les priorités doivent être mises sur les préjugés, travailler sur les processus de dénonciation, travailler sur les ressources les plus accessibles et connues possible ainsi que continuer de sensibiliser les gens à cette problématique tout en les outillant », explique Vanessa Parent.

Le regroupement étudiant est également en train de travailler à l’élaboration d’un plan d’action avec la campagne Sans oui, c’est non afin de sensibiliser les étudiants au sein des bars du campus de l’Université Laval, mais également auprès des bars fréquentés majoritairement par les étudiants dans la ville de Québec.

Un travail sur les dénonciations

La dénonciation est encore un enjeu important dans le cas des agressions sexuelles. Il est difficile pour le CPIMH de pouvoir chiffrer avec exactitude le nombre de cas concernant les cas d’agressions sexuelles.

Mme Laprade souligne notamment que les victimes ne dénoncent tout simplement pas les agissements ou les agressions qu’elles ont pu connaître au courant de leur passage au sein même de l’Université Laval.

Le rapport de recherche de l’enquête ESSIMU sur les violences sexuelles en milieu universitaire mobilise toutes les entités de l’Université Laval à poursuivre leur travail dans les directions émises par les différentes recommandations.

Il est à noter que depuis les événements survenus au courant de l’automne 2016, plusieurs projets ont déjà pris vie afin de pouvoir sensibiliser la communauté étudiante à cette problématique.