La salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec a accueilli le premier film d’Adib Alkhalidey et de Julien Lacroix, Mon ami Walid, jeudi soir dernier. Une œuvre qui aborde la santé mentale avec simplicité et une vérité poignante.

Tourné en seulement dix jours, Mon ami Walid a pu être réalisé grâce à l’aide de 753 donateurs et donatrices. Tous ont participé à la campagne de socio-financement pour mettre sur pied le projet des deux humoristes. Résultat final : en moins d’une heure et demie, Adib Alkhalidey et Julien Lacroix partagent une partie de leur rapport vécu avec la maladie mentale au grand écran. Une œuvre touchante et qui ne passe pas par quatre chemins.

Le film raconte l’histoire d’un jeune homme dépressif, Walid (Adib Alkhalidey) travaillant dans une épicerie. Lors d’une journée particulièrement difficile au travail, il décide de s’enlever la vie dans l’entrepôt. Antonin (Julien Lacroix), un jeune homme simplet et au dialogue inépuisable, arrive au bon moment pour empêcher le drame de se produire. Il se donne alors comme mission de redonner l’envie de vivre à son nouvel ami.

Du rire à l’angoisse

Dans un univers où l’on nous présente des personnages déconstruits, on peut comprendre la réalité, un peu mal perçue, des gens qui sont aux prises avec la maladie mentale. À travers un personnage simplet, qui semble attachant aux premiers abords, Julien Lacroix a su rendre justice à cette partie incomprise de notre société.

Si le film présente au début une atmosphère plus légère et humoristique, la seconde moitié est, quant à elle, plus sérieuse et dramatique. Le public est plongé dans l’esprit d’une tragicomédie moderne. De sorte que plus le film avance, plus le spectateur ressent la détresse du personnage. Une atmosphère bien maîtrisée, qui suit un chemin sinueux, histoire de mener l’auditoire vers une fin un peu à la saveur de Fight club, sans toutefois tomber dans l’extrémisme. C’est la découverte d’un univers méconnu, surprenant et qui, surtout, ne laisse personne indifférent.

Plonger tête première

Même si Mon ami Walid fait l’objet d’un sujet délicat, Adib Alkhalidey et Julien Lacroix y ont plongé tête première et ont exécuté un sans-faute. Une œuvre qui véhicule une triste réalité avec l’envie de créer un message d’espoir, « parce que c’est quand on touche le fond du baril qu’on est prêt à se relever. »