Tradition annuelle sans laquelle la rentrée universitaire paraîtrait bien incomplète, le Show de la Rentrée édition 2017 avait lieu ce mercredi 13 septembre aux pavillons Alphonse-Desjardins et Maurice-Pollack. Se déclinant en six plateaux différents pour autant d’ambiances musicales distinctes, l’événement a semblé combler la population étudiante qui s’y est déplacée massivement. 

Dès la fin de l’après-midi, une certaine fébrilité commençait à se faire sentir dans le secteur du campus accueillant les festivités: des camions-restaurants et de l’animation musicale attendaient les passants dans le stationnement face au pavillon Alphonse-Desjardins, alors qu’au même moment les bénévoles commençaient à s’activer à l’intérieur du pavillon, veillant aux ultimes préparatifs pour la soirée. Le tout alors que des artistes sur scène effectuaient leur test de son, offrant ainsi un avant-goût de ce qui était à venir.   

Les prestations ont débuté du côté du café Fou AELIÉS, où le public était convié à un 5 à 7 jazz acoustique en compagnie du duo Lounge Cats, suivi par le rock’n roll inspiré des années 1950 des énergiques Melvis and the Jives Cats, recréant ainsi, le temps de quelques pièces, l’ambiance des cabarets de l’époque. Dès 19h, la terrasse du Pub universitaire permettait quant à elle de découvrir ou de redécouvrir les textes comiques et acidulés de l’auteur-compositeur-interprète de Québec Jérôme Casabon qui, au son des amateurs de mini-golf (aménagé sur le site pour l’occasion), a ensuite laissé son micro aux absurdités country des Montréalais de Bleu Jeans BleuFunk Connection assurait l’ambiance à l’intérieur du Pub, bondé pour la majeure partie de la soirée. 

Le Grand salon: du rock au folk 

Réservé depuis de nombreuses années à la scène rock du Show de la Rentrée, le Grand salon s’est retrouvé avec une vocation résolument plus folk pour cette édition. La courbe musicale créée par les trois artistes qui sont montés sur sa scène avait cependant tout pour plaire à un large public, tradition rock ou pas.  

Programmée tôt dans la soirée, Helena Deland a dû composer en début de prestation avec un public encore clairsemé et bavard. Heureusement, la musicienne et ses trois complices, au fil des pièces à la fois sombres et aériennes interprétées, ont pu voir la salle se remplir et l’enthousiasme à leur endroit grimper. Les Montréalais de BELLFLOWER ont par la suite rejoint la scène; leur musique festive, basée sur les percussions, le piano et les cuivres a bien résonné auprès de la foule toujours grandissante. À 23h, quand le quatuor The Franklin Electric prend leur place, il faut toutefois de l’agilité et de la patience pour entrer dans le Grand salon et s’y déplacer. Également originaire de Montréal, la formation dont le deuxième album Blue Ceilings est paru en début d’année profite d’un écho à l’international et semblait attendue par les étudiants de l’Université Laval.   

Scène rock de l’amphithéâtre Hydro-Québec 

Déplacés de l’autre côté du pavillon, les amateurs de rock n’avaient néanmoins pas à se plaindre.

Première formation à se présenter sur scène, le trio post-punk de Québec VICTIME n’a pas besoin de point de comparaison pour détonner. S’appuyant sur les pièces de son premier EP Mon VR de rêve, paru en mars dernier, ils ont tout de même proposé plusieurs nouvelles compositions, entrecoupées de blagues et autres boutades ironiques, laissant présager un ajout imminent à leur discographie. The Blaze Velluto Collection, projet originaire de Limoilou aux influences hétéroclites (on entend de tout sur leur premier album Weatherman lancé en début d’année: rock garage, folk, jusqu’à la pop de chambre) a ensuite réussi à faire danser la foule grâce à une prestation courte, mais efficace, fruit d’un horaire bien rempli l’été dernier.  

La suite a été assurée avec brio par Mauves, dont le son ne cesse d’évoluer au fil des années, de la pop des origines jusqu’à une touche davantage psychédélique, venus présenter des pièces de leurs deux premiers albums, ainsi que du plus récent, Coco. Jimmy Hunt et la bande de Chocolat ont finalement clos la programmation rock de cette année avec une sélection de pièces fidèle au son résolument psychédélique et exploratoire adopté depuis leur reformation en 2014. 

Communion hip-hop à l’Atrium 

Zagata, le projet mené par le chanteur, compositeur et producteur Jesse Proteau, n’a pas mis de temps à attirer une foule, tout d’abord éparse dans l’Atrium du pavillon Alphonse-Desjardins, devant la scène et à la faire danser. La table était ainsi mise pour les deux artistes hip-hop qui allaient suivre, Brown, puis Koriass, venus entonner leurs plus grands succès devant un public conquis d’avance, chantant et dansant, agglutiné jusqu’au deuxième étage.  

Dernière prestation à l’horaire du Show de la Rentrée 2017, en formule plus intimiste (face à la scène principale de l’Atrium), Yokofeu a servi son ingénieux mélange de post-punk, de pop et de rock psychédélique aux derniers spectateurs ne pensant plus à leurs cours du jeudi matin.