Le 27 mars, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, six escouades quadrilleront la Ville de Québec. Un assaut artistique sera livré sur autant de lieux, à l’extérieur des enceintes théâtrales. L’objectif : rejoindre un nouveau public et lui montrer combien l’offre est diversifiée. Impact Campus s’est entretenu avec Rosie Belley, responsable des projets spéciaux au Théâtre La Bordée et co-instigatrice de l’opération commando qui rallie les contributions de tous les théâtres de Québec.

L’idée de fédérer les théâtres derrière un projet commun lui est venue naturellement : « c’était dans mes cordes », de relater Rosie Belley, ex-codirectrice du Festival de Théâtre de l’Université Laval (FTUL) et rassembleuse dans l’âme. Après tout : tous sont mus par les mêmes aspirations, à débuter par celle de « rejoindre un nouveau public ».  

Un des objectifs d’un tel déploiement sur les lieux où la population réalise ses activités quotidiennes consiste ainsi à « créer un nouveau public ». En outre, la Journée mondiale du théâtre vise à lever le voile – ou, à plus juste titre, le rideau – sur la « variété de talents » dont la capitale nationale recèle. À cet effet, Rosie Belley explique que « si les gens ne viennent pas au théâtre, ils ne peuvent pas l’apprécier », cette variété. « On tente de montrer toutes les possibilités qui s’offrent aux gens, de rallier un public qui ne sait pas – pas encore – ce qu’ont à offrir les scènes ». Or, « comme au cinéma, au théâtre, il y a de tous les genres. Il faut savoir magasiner, et mettre fin au préjugé à l’effet que « le théâtre est poussiéreux » ».

Une programmation diversifiée 

La programmation de la Journée mondiale du théâtre reflète cette diversité. Dès 8h15, CHSLD (La Bordée) offrira aux passants-es du Complexe G un extrait « clownesque, circassien presque ». S’ensuivront des extraits de la pièce pour enfants Eaux (Les Gros Becs) dans un CPE de Québec à 9h30, de Constellations (Le Trident) « reposant davantage sur un travail de style, sur le texte » au pied du Grand Escalier du Cégep Limoilou à 11h45, du « très physique et chorégraphié » Doggy dans Gravel (Premier Acte) au Pavillon Desjardins de l’Université Laval à midi, du Projet B.B.Q. (Carrefour international de théâtre de Québec) à Place de la Cité à 12h30, et de l’Art de la chute (Le Périscope), fragment d’une création ayant connu un vif succès l’an dernier, au complexe Jules-Dallaire à 12h45. Une retransmission en simultané des performances livrées par les six escadrons sera effectuée lors de la journée.   

Aller à la rencontre du public

D’autres initiatives prises par les différents théâtres s’inscrivent dans ce dessein de grossir les rangs des auditoires de Québec. À ce titre, les parcours déambulatoires, notamment le rocambolesque Où tu vas quand tu dors en marchant, « constituent souvent un initiateur pour inviter les gens à s’y intéresser », selon Rosie Belley. En outre, la fonction de médiatrice culturelle qu’elle assume à la Bordée consiste précisément à rejoindre ceux que le théâtre rebute a priori. Les nouveaux arrivants de même que les raccrocheurs dans les écoles aux adultes comptent parmi les populations ciblées par les démarches de médiation culturelle qu’elle mène. Qui plus est, le nouveau directeur artistique de la Bordée, Michel Nadeau, a ce souci de « s’ancrer dans la communauté » et d’offrir au public un théâtre dans lequel « tout le monde peut se reconnaître ». Les thèmes abordés par les pièces touchent ainsi différentes générations. 

Un milieu florissant 

De l’avis de Rosie Belley, le milieu théâtral à Québec est florissant. On observe un « bel élan », comme l’attestent notamment l’investissement majeur pour le théâtre jeune public qui se verra doter d’un lieu permanent. 11,5 millions de dollars seront injectés dans la relocalisation du Théâtre Les Gros Becs dans la Caserne Dalhousie. Quant à Ex-Machina, le Diamant sera l’habitacle de ses nouvelles réalisations à compter du printemps 2019. Enfin, le Bouillon d’Art Multi (BAM) contribue lui aussi à insuffler une vitalité artistique à Québec. 

L’opération que mèneront les théâtres de Québec promet d’être retentissante, et la détonation de se prolonger longtemps dans l’esprit des curieux-ses qui assisteront aux performances mardi.