C’est au Pantoum qu’avait lieu, le 25 avril dernier, le lancement du dernier album d’Oromocto Diamond : Opononi.

C’est précédé de This Ship, groupe de « jeunes drogués d’Halifax », pour citer Sam Murdock, bassiste d’Oromocto Diamond, et suivi des Zoobombs, groupe venu directement de Tokyo, que le groupe de « dance punk comedy » s’est produit sur la scène de l’appartement et salle de spectacle. On ne peut pas le nier, l’énergie sur scène était là, Oromocto livrant comme à l’habitude une performance des plus intenses, entrecoupée de blagues de qualité fort moyenne.

Opononi

Lorsqu’on lui demande de décrire le dernier album de son groupe, Sam Murdock y va assez simplement : « Au départ, c’est de la musique rock. ». Cependant, au delà de la simple musique, le dernier disque du groupe composé seulement d’un bassiste-chanteur et d’un batteur est aussi une œuvre aux nombreux détails. « Quand tu fais un show live, c’est la basse et le drum que tu entends, pas les paroles, mais moi, j’aime ça m’amuser avec les images et avec les mots », explique celui qui a également cofondé la maison de disques limouloise P572.

En effet, en termes de jeux de mots, Opononi y va à fond, avec une pléthore de « O », lettre emblématique du groupe. « Dans l’album, on parle d’Opononi qui est une ville en Nouvelle-Zélande, d’Osoyoos, une ville en Colombie-Britannique, d’Osorio aussi, toutes des villes en  »O » », continue le musicien. Par contre, il reste difficile de cerner le concept du dernier opus d’Oromocto Diamond. « L’album parle de villes, de gens qui m’inspirent », tente de résumer Murdock.

Une question de détails

Opononi, c’est aussi, à la base, l’histoire d’Opo, un dauphin s’étant échoué sur la plage d’Opononi. Or, si on trouve cette trame narrative dans les propos de Sam Murdock, le livret de l’album vient affirmer que « c’est de la fiction, c’est une métaphore ». D’ailleurs, ce même livret est habilement conçu, chaque chanson comportant un pictogramme la représentant, en plus de posséder des paroles à la fois en français et dans une langue autre (japonais, espagnol, néerlandais…). Le tout est agrémenté de photos liées, ou pas, au périple d’Opo.

Avec Oromocto Diamond, tout semble donc question de détails. Dans la même lignée d’éléments pratiquement anodins, l’album est mixé différemment pour la version numérique et la version matérielle. « J’ai mis deux ans de ma vie là-dedans. […] Ce sont des détails, il n’y a pas grand monde qui le remarque, mais moi j’aime ça jouer. Jouer à la compagnie de disques, jouer de la musique, jouer avec les mots », justifie le musicien.

Autre fait remarquable pour Opononi : l’omniprésence de collaborations avec d’autres musiciens. « J’ai des amis là-dessus : le chanteur de The Ex, Don et Matta Matsuo, Nathan Pilon… », indique Sam Murdock.

De la visite du Japon

Les Zoobombs ont clôturé le lancement au Pantoum. De l’avis de Don Matsuo, chanteur et guitariste du groupe, l’ensemble tokyoïtes joue un « genre de rock n’roll, mais avec un touche de hip hop et d’expérimentation à la Miles Davis ». Si Oromocto Diamond avait réussi à réchauffer la foule, les Zoobombs l’ont carrément incendiée, le style plus qu’énergique de Don Matsuo en impressionnant plus d’un. « Je bouge vite, plusieurs photographes ont déjà brisé leur appareil photo à cause de mes mouvements brusques », illustre Don.

Ce n’était pas la première fois qu’Oromocto Diamond et le groupe de Tokyo jouaient sur la même scène, mais plutôt leur sixième; le résultat d’un de leur concerts conjoints se retrouve même sur l’album Oromo Kumakus. De même, sur Opononi, on peut entendre la voix de Don et Matta Matsuo, tous deux membres des Zoobombs, alors que sur le dernier album solo de Don Matsuo, c’est Sam Murdock qu’on entend.

Il faut dire que pour les amateurs des Zoobombs, la soirée de lancement d’Opononi avait quelque chose de spécial, le groupe ayant une composition différente de celle auxquelles ils ont était habitué. En effet, les Zoobombs s’étaient techniquement séparés il y a deux ans, lorsque le batteur et le bassiste avaient quittés, mais Don Matsuo a fait renaître le groupe de ses cendres 18 mois après leur séparation. Désormais, à la batterie, on retrouve Bukka Billy, membre fondateur du groupe en 1994, et c’est Kana Mutch Matsuda, jeune musicienne de 23 ans, qui tient la basse.