Dès l’arrivée des invités, des amis-artistes et des heureux connaisseurs d’art, l’ambiance se montre festive. Plusieurs d’entre eux se connaissent déjà, tous se régalent à l’idée de la présence de l’artiste lui-même. C’est ainsi qu’une visite des salles s’oblige, question de découvrir les pièces choisis par le Musée du Bas-Saint-Laurent pour cette exposition itinérante. L’exposition rétrospective, qui est en salle jusqu’au 18 décembre, témoigne de l’ampleur d’une démarche engagée qui « ne recherche pas la gloire mais la vérité ».

En entrant dans la première salle, il est évident que la mise en espace des œuvres se fait de façon thématique. Nous retrouvons alors plusieurs pièces abstraites, dont une fait en bois d’orme, qui rappellent un début de carrière sur la rue Durocher à Montréal. Les salles qui suivent présentent dessins à l’encre, sculptures en bronze ou en acier martelé, sérigraphies, peintures à l’acrylique sur toile… tous réunies afin d’illustrer l’éclectisme, le matérialisme et l’engagement d’une production qui s’étale sur plus de cinquante ans.

Suite au discours de présentation de Monsieur Vaillancourt, une question du public semble ouvrir le terrain à la discussion : « Pensez-vous que les artistes d’aujourd’hui sont trop tranquilles? » La réponse qui suit dévoile un certain espoir pour la relève artistique sans nécessairement répondre explicitement à la question posée. C’est alors qu’un fier représentant de la jeunesse se décide d’ajouter un commentaire sur l’état actuel des choses : « Aujourd’hui, dire profondément ce que l’on pense, s’affirmer face à d’autres personnes autour de nous, c’est rarement accepté. Les gens vont nous taxer de personnes qui veulent prendre de la place… » Une corde sensible est mise à nu.

Plus tard dans la soirée, Impact Campus a posé la question suivante à l’artiste afin d’aborder définitivement la problématique : est-ce que vous avez un conseil à donner à un artiste émergeant afin de se faire remarquer? La réponse immédiate est rassurante : « Travaille …et ne soit pas opportuniste, parce qu’avec la vérité, tu peux te construire un monde. » L’artiste sera présent à la Maison Hamel-Bruneau le samedi 5 novembre, lors d’une conférence-rencontre, pour ceux qui souhaitent continuer l’entretien.

Crédit photo : Stéphane Bernard