Présenté par Québec BD, le Pavillon de la BD est un projet regroupant plusieurs expositions éphémères à l’espace 400e, lieu où plusieurs expositions et activités sont présentées depuis le mois d’avril et dont le dénominateur commun est le genre bédéistique. Vous pourrez notamment y visiter près d’une dizaine d’expositions sur différents thèmes, qu’il s’agisse du rapport entre la bande dessinée franco-belge et les mangas, du monde de l’animation traditionnelle et de ses mécanismes, de la question de l’adaptation ou encore de la biographie de René Lévesque, le tout dans l’objectif de faire découvrir des initiatives culturelles diverses ainsi que des sensibilités plurielles.

Par William Pépin, chef de pupitre aux arts

Un dialogue entre Tintin et Naruto

Exposition BD vs. manga

À l’entrée du Pavillon de la BD se tient l’exposition BD vs. Manga, où nous assistons à la rencontre entre l’univers de la bande dessinée franco-belge et celui de la bande dessinée japonaise. Plus théorique, cette exposition conçue par le bédéiste et caricaturiste Gregdizer enseigne les spécificités des deux genres bédéistiques, de leur histoire respective jusqu’à leur plus récent métissage.

Lorsque l’animation cause le vertige

Dans la première salle du pavillon sont présentées les coulisses du monde de l’animation, où des dizaines de croquis, d’ébauches, de storyboards et de celluloïds ont été dépoussiérés puis expatriés des archives du studio d’animation Belvision, et ce, au plus grand plaisir des nostalgiques des films Astérix et Lucky Luke. Plusieurs artéfacts y sont exposés, notamment ceux ayant servi dans la production des films Astérix et Cléopâtre (1967), Tintin et le lac aux requins (1972) et Lucky Luke : Daisy Town (1971). Les celluloïds affichés sur les murs de l’exposition impressionnent : ces feuilles d’acétate sur lesquels les animateurs traditionnelles peignaient à la main permettaient d’animer le mouvement des personnages. À raison de 12 celluloïds pour créer une seconde de film, il y de quoi donner le vertige.

Les coulisses de l’animation

Un peu d’histoire

Le parcours conçu par Québec BD est émaillé d’expositions à teneur historique. Par exemple, avec les 25 Moments importants de la BD québécoise, nous revisitons, à travers une ligne du temps affichée sur les murs, tout le parcours bédéistique québécois, allant d’Onésime d’Albert Chartier jusqu’à L’Agent Jean d’Alex A. De plus, il faut s’avoir qu’une exposition entière est réservée à René Lévesque et à la bande dessinée René Lévesque : Quelque chose comme un grand homme, véritable jonction entre l’art, la biographie, la politique et l’histoire québécoise.

Si certaines expositions se concentrent sur des moments et des personnages historiques plutôt connus, d’autres s’en détachent pour réhabiliter des sujets jusque-là ignorés par l’histoire. En ce sens, l’exposition Odibi présente le village sédentaire du Lac Simon, habité avant la colonisation par la communauté anicinabe. Les illustrateur.rices Emanuelle Dufour, Fabienne Théoret-Jerome, Patrick Lamoureux et Brian Wiscutie y illustrent les entrevues et témoignages recueillis par Simo Sagahiginik (littéralement : les gens du Lac Simon) et des anthropologues de l’Université de Montréal, le tout dans une perspective documentaire.

Un vent de poésie

Le temps d’un poème

Développée par Geneviève Duong ainsi que Geneviève Roy, Le temps d’un poème est sans doute l’exposition la plus inspirante du Pavillon de la BD. S’y arriment, le temps de quelques pas entre deux salles, le travail conjugué de bédéistes et de poète.sses, où les caractéristiques de la bande dessinée traditionnelle sont repensées au profit d’un effet poétique et d’une épuration esthétique. Ici, le texte s’amincit et les cases se brisent pour laisser place aux sensations, au calme et à la contemplation.

Qu’est-ce qu’une adaptation?

L’exposition la plus marquante est certainement Drawing Dante, où douze auteur.rices de la bande dessinée italienne ont eu l’occasion d’exprimer leur sensibilité en adaptant  La Divine comédie de Dante. C’est plus d’une trentaine de planches qui ont été créées pour cette exposition, cette dernière rendant à la fois hommage à l’auteur italien tout en questionnant le concept d’adaptation : tous les auteur.rices ayant participé au projet présentent La Divine Comédie sous un jour nouveau et d’une manière unique. Il n’y a aucun visuel qui se ressemble, malgré le même matériau d’origine adapté par les artistes. En ce sens, c’est certainement l’exposition du Pavillon de la BD qui exprime le plus toutes les possibilités qu’apporte le médium de la bande dessinée.

Voici la liste exhaustive des expositions présentées jusqu’au 21 août :

© Crédits images : Québec BD