Le Prix de la poésie de Radio-Canada comptait cette année deux étudiants de l’Université Laval parmi leurs cinq finalistes : Éric Leblanc et Catherine D’Anjou. Chacun d’eux a donc reçu 1000 $ du Conseil des arts du Canada, en plus de voir leur texte publié sur la page des prix de la création. Le gagnant, Charles Sagalane, a également réalisé ses études à l’UL. 

Les deux jeunes auteurs racontent avoir été assez étonnés lorsqu’ils ont appris la nouvelle d’abord, d’être parmi les 20 finalistes, puis dans le top 5. Pour tous deux, il s’agissait d’une première participation à un concours de poésie. « Ça m’a pris par surprise, avoue Éric. J’ai envoyé mon texte en mai, j’avais eu le temps de l’oublier. Je m’étais dit que je ne gagnerais pas, parce que je n’avais pas eu de nouvelles. Puis, je reçois un courriel pour me dire que je suis parmi les 20 finalistes! »

Pour Éric, tout comme Catherine, une telle nomination représente la validation de son travail d’auteur. « J’ai toujours eu le syndrome de l’imposteur, admet Catherine, et ça, ça me donne le go. Ça me donne envie d’exploiter encore plus cette branche-là de l’écriture. » Cette dernière emploie habituellement la forme romanesque et a d’ailleurs déjà un premier roman à son actif, Le Plan, paru en octobre 2015 aux éditions La Mèche.

Du roman au poème

Catherine D’Anjou s’est inscrite au concours grâce aux encouragements d’une amie et d’une envie toute récente de participer à des prix littéraires pour la pousser à écrire encore davantage. « J’aime changer de ton, jouer avec les genres, assure Catherine. Je ne peux pas me concentrer juste sur le roman. J’essaie d’écrire de petits textes ici et là pour des concours. C’est motivant et ça amène un bon sentiment d’accomplissement. »

Sa suite poétique Dans le corridor, première porte à droite se déroule dans un appartement. Il s’agit d’un texte très concret, inspiré des gestes quotidiens. « Je parle de mon entourage, des jeunes de mon âge, des relations amoureuses et humaines et de la colocation, explique Catherine. Je fais de la poésie avec la vie de tous les jours. »  Elle se dit très heureuse de représenter les femmes dans le concours, comme elle est la seule parmi les cinq finalistes, et avoue être très touchée de s’être retrouvée à cette place aux côtés d’Éric Leblanc, avec qui elle étudie.

L’auteure travaille présentement sur l’écriture de son second roman, pour lequel elle a reçu une bourse du Conseil des arts. Elle décrit son projet comme un mélange entre Le plan et Dans le corridor, première porte à droite. Elle réalise également sa dernière année de maîtrise en études littéraires à temps partiel, où elle étudie l’emploi de l’ironie comme prise de parole féministe au sein de la chick litt. Le doctorat serait la prochaine étape pour elle.

Créer sa chance

De son côté, Éric Leblanc se sent privilégié d’avoir pu se rendre aussi loin dans le cadre d’un tel concours, mais est surtout heureux de voir d’autres gens de son âge parmi les nommés. Cela montre, selon lui, qu’on valorisait le travail de la relève et que ce n’était pas qu’un coup de chance qu’il se retrouve parmi les finalistes.

Le jeune homme écrit surtout de la nouvelle, mais a renoué avec la poésie pour le concours. Le genre privilégié dépend surtout de son état d’esprit, de ce qu’il a envie de dire, d’écrire. Pour ce qui est de son poème De ces hommes, texte assez sombre qu’il a présenté au Prix de la poésie, il fait partie d’une série écrite dans des moments plus tristes de sa vie.

Tout comme Catherine, Éric réalise actuellement une maîtrise en recherche-création en études littéraires. Il y prépare un recueil de nouvelles en plus de faire une recherche sur Marguerite Duras.

Éric Leblanc prend également part à une panoplie de projets. Il est cofondateur du collectif littéraire Les JP : escouade créative et chargé de projets pour le Bureau des affaires poétiques qui organise le Mois de la poésie. Éric pratique aussi le théâtre, la danse gumboot et la photographie. Il a d’ailleurs cofondé Atwood photographie, une compagnie se spécialisant dans le portrait et la photo casting. « J’aime créer ma chance. C’est rare que j’attends après des projets. Je suis un vrai workaholic. »

Le jeune auteur ignore totalement ce qui l’attend après sa maîtrise. « Je ne me projette pas trop dans le futur. Je préfère me laisser la chance de découvrir au fur et à mesure ce qui m’attend. »

Le lauréat du Prix de la poésie de cette année est Charles Sagalane, pour sa proposition Abrégés et mélanges. L’auteur originaire du Lac-Saint-Jean a déjà publié cinq recueils de poésie. Ce dernier a également réalisé le baccalauréat et la maîtrise en études littéraires à l’Université Laval il y a quelques années.