Afin de « révéler l’ordinaire » et d’interpeller les passants, des étudiants à la maîtrise en architecture ont eu trois semaines pour réaliser un projet de design urbain temporaire. Cette année, chacun des cinq projets du concours prend place dans divers lieux comme un pont ou une halte routière.

Le concours Révéler l’ordinaire s’effectue dans le cadre de l’atelier du Laboratoire de design urbain des étudiants à la maîtrise, toutes spécialités confondues. Ils ont trois semaines pour réaliser leurs projets.

« À partir du jour 1, ils reçoivent le thème, ils développent la théorie, trouvent l’idée, font et réalisent l’installation, mesurent les résultats, créent les visuels et disposent leur projet pour l’exposition », explique Mélanie Trottier, organisatrice de l’évènement.

Des propositions éclatées

Le pont Dorchester, ou plutôt son infrastructure, a été choisi pour son caractère ordinaire, un passage auxquels les piétons ne prêtent guère attention entre Limoilou et St-Roch, selon Jessy Paquet-Méthot du projet En flagrant délire. Pour cette proposition, une trentaine de cubes jaunes sont suspendus comme des bouées de part et d’autre du pont et les passants peuvent les lancer, les remonter et les empiler, poursuit l’étudiant.

Le projet Quand est-ce qu’on arrête ? est quant à lui « un manifeste contre la banalisation des haltes routières », lâche Violaine Giroux, autre participante au concours. Pour inviter les voyageurs à (re) découvrir leur province, les quatre étudiantes derrière l’installation ont installé un ruban au sol vers les endroits naturels à proximité d’une halte idéale, à Saint-Malachie, en Chaudières-Appalaches.

Dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, les passants sont invités à un Flânage autorisé. Des zones ont été délimitées par du ruban adhésif, avec des sièges et du mobilier. « On voulait voir si les gens allaient se permettre de flâner si on leur offrait un espace dans des quartiers centraux denses. Il n’y a pas de marge entre la rue, le trottoir et les bâtiments, on a essayé de jouer avec ses limites », explique l’une des étudiantes en charge du projet.

Une opportunité actuelle

Ce genre de design ressemble beaucoup à celui du collectif Le Banc, qui a réalisé la mini-place publique sur la rue Cartier ou les multiples éléments de la Plaza Limoilou cet été. L’un de ses membres, Jean-Philippe Simard, est d’ailleurs venu aiguiller les étudiants en leur parlant d’urbanisme tactique, indique Mélanie Trottier, aussi étudiante à la maîtrise en architecture et design urbain. Ce courant moderne d’architecture repose sur trois principes : l’intervention à petite échelle, le court terme et le low-cost, selon un article de La Tribune.

La construction à grandeur nature est vraiment une opportunité selon l’étudiante et participante de l’édition 2014. « Souvent, on va faire de la maquette, des modèles réduits pour exprimer l’idée derrière notre projet. C’est très rare de construire nos installations, surtout en ville puisque c’est la deuxième édition », lâche la responsable.

L’exposition des cinq installations est présentée à l’École d’architecture (1, côte de la Fabrique) jusqu’au 9 octobre. La présentation des projets se fera le mardi 29 septembre à 18 h 30 au Cercle.