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Le 24 octobre dernier, aux éditions Alto, est paru le nouveau roman de Karoline Georges, De synthèse. Artiste multidisciplinaire, c’est en amalgamant la photographie et la modélisation 3D à la littérature qu’elle offre une vision synthétique du monde réel et du virtuel. 

Socialisée par un écran 

Dans un Québec futuriste, la narratrice de ce quatrième roman est obsédée par l’image et plongée dans le monde virtuel. Fille d’une mère indifférente et d’un père alcoolique, celle-ci grandit devant la télévision, complètement fascinée par ses images. Coupée du monde réel, elle conçoit un avatar, Anouk, pour tenter d’obtenir l’image parfaite. Plus tard, à la polyvalente, la narratrice remporte un concours de beauté où elle est remarquée par une agence de mannequinat. Elle part ensuite vivre à Paris et continue de s’isoler, toujours nourrie par la même obsession.  

En 1994, les contrats épuisés, elle retourne à Montréal et loue un appartement. Dans son atelier, elle reprend où elle avait laissé son avatar afin de perfectionner son image encore et encore. Toujours déconnectée de la réalité, son père lui apprend que sa mère est atteinte d’un cancer. Elle met donc de côté un peu son obsession pour être à son chevet. Entre l’hôpital et son appartement, elle tente du mieux qu’elle peut de se rapprocher de sa mère. 

Basé sur un avatar réel

Karoline Georges donne un bel aperçu de son travail de modeleuse 3D, puisque l’avatar Anouk est en fait sa création. Elle a conçu en 2009 son premier avatar, Kyrie Source, une incarnation numérique de la narratrice de son précédent livre, Ataraxie. Après 400 portraits et croyant être passée à autre chose, elle était encore malgré tout attachée à ce projet. Ainsi, au début de son écriture, elle a ressuscité son avatar sous le nom d’Anouk A., afin de poursuivre sa démarche photographique avec le corps virtuel.  

Une profonde réflexion est menée sur l’avatar et sa mise en image pour montrer au lecteur l’ampleur du monde virtuel dans la vie du personnage. Dans le but d’étendre son raisonnement, l’auteure s’est entêtée à réaliser un portrait d’Anouk A. à chaque jour ou presque, en moins d’une heure et elle est maintenant à plus de 600 images créées. Non seulement il y a-t-il un travail littéraire de grande envergure, mais aussi un immense dévouement à bâtir cette idée de l’obsession de l’image autour de l’avatar. La couverture du livre a d’ailleurs été réalisée lors de la confection d’Anouk A.   

L’image d’hier à aujourd’hui 

L’auteure décrit la réalité de l’une des premières générations à être née devant la télévision. Le personnage, qui grandit dans les années 70, se socialise grâce à ce média et développe une adoration sans bornes pour l’actrice Olivia Newton-John. L’histoire peut sembler n’être que fiction, mais pas entièrement. Qui n’a pas déjà collectionné des images de ses idéaux? Karoline Georges remet en question la place prédominante qu’occupe l’image dans la société. Ça fait réfléchir, sans aucun doute. 

Celle-ci amène ensuite le lecteur à aujourd’hui. Il est question de l’ère des réseaux sociaux, des multiples plateformes virtuelles qui existent maintenant pour se créer un nouveau soi et oublier ainsi les aléas de la vie réelle. En 2017, c’est la réalité de presque tout le monde, à être si soucieux des images propagées par les médias et de celle projetée par soi. De synthèse est une réflexion pertinente sur l’obsession de l’image, qui, depuis des lustres, circule encore et toujours dans la société. 


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