C’est le groupe Suuns, étoile montante de l’indie-rock, qui s’est vu confier l’ingrate tâche de réchauffer la foule du Grand Salon. Rencontré avant le spectacle, Ben Shemie était très enthousiaste à l’idée de se retrouver devant le public universitaire de Québec. «C’est mieux qu’à Montréal! Les gens ici comprennent vraiment la musique. Ils ont une appréciation honnête et profonde», a confié le chanteur à Impact Campus.  

Ambiance électronique

Malgré un déhanchement plutôt timide, le public semblait conquis par l’intense énergie de Suuns. La performance extatique du chanteur principal de Suuns était particulièrement remarquable.«J’ai trouvé ça enflammé, sulfureux, incandescent!», s'est exclamé Mathieu, étudiant en études littéraires. Le groupe, qui part à la rencontre du public européen à la fin du mois, a offert aux universitaires le contenu de son premier album, Zeroes QC, aux sonorités électro, rock et parfois même pop.  

Le spectacle s’est poursuivi avec Pascal Asselin, alias Millimetrik, bien connu à Québec dans la sphère de l’électro. L'artiste, qui se produit habituellement en solo, était accompagné du claviériste Benoît Fortier. Ce dernier en est à ses débuts dans ce style, ayant fait de la musique traditionnelle auparavant. Supporté par une projection vidéo colorée et psychédélique, le duo présentait les pièces de leur album Mystique Drums, paru en septembre dernier. «Je fais plus de la musique d’écoute. Je crée des ambiances, c’est pas vraiment fait pour une piste de danse. Des fois ça passe, des fois ça passe pas», a avoué le musicien autodidacte, Pascal Asselin.

Il est vrai que la piste de danse n'était pas particulièrement enflammée, mais le duo québécois a reçu un accueil chaleureux et attentif. Vers la fin de sa prestation, Millimetrik a révélé à la foule s'être récemment fait voler son matériel, ayant donc perdu plusieurs fichiers musicaux. Cela ne l’a pas empêché de livrer une performance intense et éclatée.

Hip hop disjoncté

La scène s’est ensuite vidée de son matériel électronique pour laisser place à un joyeux paquet de testostérone ambulant. Les six membres officiels du collectif Alaclair Ensemble, accompagnés de trois rappeurs invités, ont envahi le Grand Salon avec une énergie complètement disjonctée. «Le rap, c’est de la musique sportive. On est là pour donner un show, pour en mettre plein la vue. On travaille autant notre mise en scène que notre musique», a partagé Ogden, un des membres officiels.

Le collectif réunit des rappeurs de Québec et de Montréal, qui créent chacun de leur côté et rassemblent le tout en studio et sur la scène. C’était d’ailleurs la première fois qu’ils étaient aussi nombreux pour une prestation. Interrogés sur la difficulté à gérer autant d’hormones masculines sur scène et dans le processus créatif, les gars assurent qu’il y a une compétition très constructive à l’intérieur du groupe. Leur parfaite cohésion sur scène et leur humour mordant ont su amuser le public universitaire, sans toutefois lui délier les jambes.

Éclectisme vivifiant

Ce n’est qu’avec le dernier groupe, Random Recipe, que la piste de danse s’est réellement animée. «Ils ont vraiment un son unique et une énergie spéciale. Chacun des membres apportent quelque chose», a relevé Gabrielle, venue expressément au Show de la rentrée pour les voir.

Le quatuor montréalais, qui mélange habilement folk, hip-hop, bossa-nova, électro et jazz, s'est dit enchanté de venir jouer au Grand Salon du Pavillon Maurice-Pollack. «Il y a des universités à Montréal qui invitent des groupes de l’Ouest ou des États-Unis. C’est vraiment un honneur d’être accueillis à l’Université Laval», a annoncé Fab, la multivocaliste du groupe, qui s’envolait pour le Costa Rica le soir même.  

Les membres aux origines internationales ont totalement embarqué le public dans leur folle énergie.  Ils ont su colorer le contenu de leur album Fold it! Mold it! pour le rendre encore plus spectaculaire et dansant.

Le froid du mois de janvier est peut-être à blâmer dans le lent réchauffement des étudiants venus assister au Show de la rentrée d’hiver 2011. Bière en main et amis aux alentours, ils ont quand même su se délecter de la belle brochette de groupes émergents concoctée par la radio universitaire. Encore une fois, CHYZ 94,3 s’est montrée très habile dans sa chasse aux talents et dans son mélange de saveurs.