Le 22 octobre dernier, Leif Vollebekk présentait son folk réconfortant à la foule conquise d’avance du Cercle.

Justine Pomerleau Turcotte

Les chansons de North Americana, son deuxième album paru en février dernier, avaient droit ce soir-là à une tribune digne de ce nom; l’auteur-compositeur-interprète a son bassin d’admirateurs qui se précipitent dès qu’il met le pied dans la Vieille Capitale. C’est d’abord la connivence entre les musiciens qui frappe l’œil et l’oreille. Puis, cette impression d’équilibre, de juste mesure qui teinte chaque instant de la performance. Ici, une intervention délicate de la batterie; là, un saxophone étouffé qui renchérit le temps de quelques phrases. L’ensemble concocte un son comme tout droit sorti des années Dylan, mais qui sied parfaitement à notre ère.

Difficile de ne pas évoquer la gestuelle caractéristique de l’artiste. Vollebekk vit sa musique, à moins que ce ne soit cette dernière qui vive en lui. Quoi qu’il en soit, la fusion est manifeste. On n’a pas affaire à une exubérante bête de scène, qui fait des présentations de ses chansons un stand-up comique; bien au contraire, ce n’est que timidement qu’il plaisante de façon improvisée – ce qui n’est pas un problème en soi, même si ses interventions auraient intérêt à être plus assumées. Mais le courant passe et c’est l’essentiel.

En plus des pièces du plus récent album (Photographer Friend, Off the Main Drag, When the Subway Comes Above the Ground, notamment), le chanteur modeleur d’atmosphère s’est gâté avec trois reprises (sans compter le Dylan du rappel, You’re a big girl now). Il avoue d’ailleurs avant d’attaquer Read my Mind, composition de The Killers qu’il entonne avec sensibilité derrière son Rhodes, qu’elle est son plaisir coupable. Tant mieux pour nous.

En première partie, la synth-pop artistique d’Hannah Georgas a également charmé son lot d’oreilles. L’artiste, bien que jouant dans un terrain distinct de celui pour qui elle réchauffait la salle, se plaît aussi à créer des atmosphères vibrantes, en symbiose avec des musiciens solides. Un brin trop lisses par moments (le groupe aurait avantage à exploiter davantage de contrastes), ses chansons dénotent malgré tout une vision créatrice claire qui réussit à convaincre.