Par Félix Étienne, chef de pupitre à l’actualité

Retour de la population étudiante sur le campus
Après avoir été repoussée de trois semaines, la rentrée en présentiel s’est déroulée sans anicrochele 31 janvier dernier. Un soulagement pour la population étudiante, alors que l’extrême contagiosité du variant Omicron aurait pu laisser craindre une prolongationdes cours à distance pour le reste de la session d’hiver 2022. L’Université Laval s’inscrit en continuité avec la grande majorité des autres universités québécoises,qui avaient elles aussi, pour la plupart, retardé le retour en classe des étudiant.e.s à la fin janvier. Dans la foulée de la présentation du calendrier de déconfinement parle gouvernement du Québec, et alors que plusieurs étudiant.e.s athlètes du Rouge et Or avaient organisé une manifestation symbolique sous la thématique On veutjouer le 5 février dernier, l’Université a annoncé la reprise des activités sportives et parascolaires sur le campus à partir du 14 février. Les équipes de volleyball et de basketball du Rouge et Or ont d’ailleurs pu disputer leurs premiers matchs de l’année 2022 dans la semaine du 14 février.

Importantes tensions sociales en raison de la COVID-19
Le deuxième hiver marqué par la pandémie de COVID-19 aura tout eu d’un véritable « hiver du mécontentement », pour paraphraser Shakespeare dans Richard III. Manifestations, confinements et déconfinements se sont succédé à un rythme étourdissant au cours des deux derniers mois : on annonce en décembre un couvre-feu à un jour de préavis, avant de le retirer moins de trois semaines plus tard; on envisage, en janvier, la création d’un impôt spécial ciblant les non-vacciné.e.s avant d’annoncer, en février, la fin du passeport vaccinal un mois plus tard; le Premier ministre François Legault déclare vouloir « y aller mollo » dans son plan de déconfinement, puis annonce la fin de presque toutes les mesures sanitaires le 14 mars prochain. Au- delà de l’amélioration notable de la situation sanitaire au Québec, difficile de ne pas voir derrière les assouplissements annoncés une tentative de calmer la grogne populaire face à un décon- finement jugé trop lent, colère exprimée bruyamment par les « convois de la liberté » ayant défilé dans les rues d’Ottawa et de Québec dans les dernières semaines.

Tempête au Département de science politique
Impact Campus révélait, le 1er février dernier, qu’une véritable onde de choc avait secoué le Département de science politique de l’Université Laval. Jean-Pierre Derriennic, qui enseignait bénévolement à titre de professeur titulaire retraité depuis 2009, s’est vu brusquement relevé de ses charges de cours, qu’il assumait depuis pratiquement 50 ans. Ce professeur, qui a remporté une importante distinction de l’Université Laval en 2005 en reconnaissance de la qualité de son enseignement, avait côtoyé de près l’intellectuel français Raymond Aron et avait eu pour anciens étudiants , entre autres, l’ex-ministre libéral Stéphane Dion et l’actuel directeur de l’École nationale d’administration publique (ENAP), Guy Laforest. Les méthodes d’évaluation du professeur étaient au cœur du litige : Derriennic proposait à ses étudiant.e.s de n’être évalué.e.s que sur la base d’un examen en fin de session, bien qu’il leur était également possible de remettre un travail pratique au cours de la session. La nouvelle a très rapidement fait réagir, aussi bien au sein de la population étudiante que parmi plusieurs ancienne.s étudi- ant.e.s de l’Université Laval, poussant le Département de science politique à revenir sur sa décision et à réintégrer Jean-Pierre Derriennic dans ses fonctions le 8 février dernier.

Menace sur les régimes d’assurance collective étudiants
Autre coup de tonnerre dans le monde étudiant : une décision controversée de l’Autorité des
marchés financiers (AMF) a fait bondir les associations étudiantes du Québec. La journaliste de La Presse Marie-Ève Fournier révélait le 9 février dernier que l’AMF venait de déclarer « inéquitables » les régimes d’assurance collective qu’assure la coopérative financière Desjardins auprès de 57 associations étudiantes, réunies au sein de l’Alliance pour la santé étudiante au Québec (ASEQ). L’ASEQ, qui permet depuis 1996 aux étudiant.e.s inscrit.e.s de bénéficier d’une assurance santé ou d’une assurance dentaire moyennant le paiement d’une cotisation annuelle, offre ses services à près de 292 000 étudiant.e.s à travers le Québec, ces dernier.ère.s pouvant également assurer leur conjoint.e ou leurs enfants. Les étudiant.e.s déjà couvert.e.s par un autre régime d’assurance bénéficient d’un droit de retrait, duquel près de 85 000 étudiant.e.s se sont prévalu durant l’année 2020-2021. Or, c’est cette adhésion automatique avec droit de retrait (opt out) qui avait été jugée « inéquitable » par l’AMF, qui avait exprimé sa préférence pour un régime à adhésion individuelle volontaire (opt in). La décision de l’AMF avait poussé Desjardins, menacée de lourdes sanctions financières, à annoncer la fin de son partenariat avec l’ASEQ le 27 août prochain. La décision a rapidement suscité une levée de boucliers, ce qui a poussé l’AMF à suspendre son application, en attendant de trouver une entente avec les associations étudiantes concernées sur le fond du litige. Ces dernières ont réclamé l’intervention du gouvernement québécois pour superviser les négociations avec l’AMF, mais le Québec a préféré ne pas s’impliquer dans le dossier.