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La région du Caucase russe, où se trouve la ville de Sotchi, figure parmi les plus instables de l’immense pays. À l’aube de la frénésie olympique, nombreux sont les observateurs qui soulignent le défi de sécurité auquel doit faire face l’organisation de ces jeux dans cette station balnéaire datant de l’époque glorieuse de l’Union soviétique (URSS).

« Levons nos voix / ne croire qu’à la victoire / chante avec nous pour donner ces olympiques à la Russie que nous avons tous méritées. » Telles sont les paroles patriotiques de l’hymne officiel des Jeux olympiques de Sotchi, ville mythique où Joseph Staline allait personnellement séjourner lors de ses vacances.

Mais à quelques centaines de kilomètres plus à l’est, de l’autre côté de la chaîne de montagnes du Caucase, c’est une autre prose qui se fait entendre. « J’appelle tous les moudjahidines, où qu’ils se trouvent — au Tatarstan, au Bachkortostan ou dans le Caucase — à fournir un maximum d’efforts sur le chemin d’Allah pour faire échouer ces danses sataniques sur les os de nos ancêtres. » L’appel est lancé par Dokou Oumarov, leader d’un mouvement islamiste militant pour l’indépendance de « l’Émirat du Caucase ». La récente attaque de Volgograd (autrefois nommée en l’honneur de Staline, « Stalingrad », sous l’URSS, et située à 700 km de Sotchi) a éveillé les pires craintes concernant une éventuelle attaque d’un groupe séparatiste du Caucase.

Le Caucase, en bref.

S’il existait des lieux éternellement condamnés à l’instabilité politique, le Caucase figurerait sans doute bien en haut de la liste. L’étroit passage montagnard entre l’Europe et l’Asie est un point de contact historique entre les civilisations, un passage obligé entre la Russie, la Turquie et plus loin le Proche-Orient : Syrie, Irak et Iran.

Pendant la majeure partie du XXe siècle, l’URSS maintenait une chape de plomb sur la majeure partie du Nord-Caucase, englobant entre autres la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, tant de républiques qui se sont dissociées de l’Union soviétique après sa chute. Or, d’autres Républiques socialistes de l’époque n’ont pas eu la même chance que leurs consœurs caucasiennes qui ont accédé à l’indépendance. En particulier, la Tchétchénie, région riche en pétrole, a été « gardée » par la fédération russe soucieuse de maintenir le contrôle sur cette ressource stratégique. Mais d’autres régions comme l’Ossétie – divisée entre l’Ossétie du Nord (Russie) et l’Ossétie du Sud (Géorgie) ont été le théâtre de nouvelles guerres d’indépendance à la fin des années 2000. Et ce, à quelques kilomètres à peine de Sotchi!

Pourquoi s’en prendre aux Jeux?

La tenue de Jeux olympiques est toujours l’occasion rêvée du pays hôte de montrer sa gloire à la face du monde. Il s’agit aussi d’une opportunité pour les exclus des discours officiels de faire voir les aspects les moins glorieux de leur nation. « Non aux Olympiques sur des terres volées », peut-on lire sur un mur de la rue Saint-Laurent, à Montréal, pour protester contre les jeux de 2010 de Vancouver. Les jeux de Pékin ont été accompagnés des protestations internationales sur le sort du Tibet, occupé par la Chine depuis 1950.

Cette fois, ce sont les indépendantistes des républiques du Caucase qui promettent de tout mettre en œuvre pour perturber le spectacle olympique qui a lieu à Sotchi, pratiquement dans leur cour arrière. Un appel aux nations du monde, en somme, de leur situation si souvent décriée par les militants des droits de l’homme, à l’instar de la journaliste Anna Polikovskaïa, assassinée à Moscou en 2008 pour avoir révélé les crimes de la Russie en Tchétchénie. Le choix de Sotchi représente donc bien le pari de Vladimir Poutine, déterminé à présenter son pays non pas comme une ancienne puissance en déclin, mais comme une Russie renouvelée et toujours puissante jusque dans ses confins.


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