Le projet de loi omnibus C-10, déposé au lendemain de la rentrée parlementaire, durcit les lois criminelles au Canada. Désignées sous la forme courte de «loi sur la sécurité des rues et des communautés», les modifications apportées à la loi seront, somme toute, importantes. Alors que le gouvernement Harper veut gérer en priorité l’économie du pays, il se dissocie cependant du rôle tenu par les chiffres dans la connaissance de sa population.

Le moins que l’on puisse affirmer, c’est que les Conservateurs, majoritaires au Parlement, n’ont pas fait traîner leurs promesses électorales. Ils avaient promis, lors du dépôt de leur plateforme électorale de faire adopter ce projet de loi dans les 100 premiers jours de leur mandat. Les intérêts partisans sont, dans les faits, mis en priorité, alors que l’emploi et l’économie au Canada devraient être une urgence à l’agenda politique fédéral.

Déjà en mai dernier, Statistiques Canada annonçait dans son rapport, une baisse de la criminalité d’un bout à l’autre du pays: -5,54% de la variation d’indice de gravité de la criminalité à travers le pays, pour être précis. Bien que ces taux soient en hausse dans certaines provinces et  certains territoires, voir catastrophique dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, la réalité démontre que la criminalité et les crimes avec violence sont en baisse à travers le pays.

Malgré tout, le ministre de la Justice, Rob Nicholson s’est dit ne pas gouverner sur «la base des dernières statistiques» préférant gouverner sous les principes de protection des victimes. Les statistiques, au-delà d’une suite de chiffres, permettent à un gouvernement de prendre le pouls de sa population. 33,7 millions de Canadiens en l'occurrence. Nous devrons donc nous attendre, lors des futurs débats parlementaires à une abondante utilisation du "mandat citoyen".

En tant que citoyen, il nous faudra donc espérer, lors des prochaines élections que Quelqu’un, Quelque part, regarde des chiffres représentant l'ensemble de la société canadienne.