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Je suis toujours embêté à l’approche de Noël. Je mentirais si je disais que les premiers flocons de décembre et le « peuple à genou » du minuit chrétien ne me tirent pas un brin ou deux de nostalgie du nez, quand la fébrilité de la fin de session laisse peu à peu place à celle du réveillon.

Comme pour plusieurs, cette frénésie s’estompe à la vue des vitrines de magasin toujours plus pleines, parfaitement agencées pour accrocher l’œil, fruit de l’effort de facultés universitaires entières dédiées au marketing.

La musique devient rapidement irritante. Plus qu’à tout autre moment, cela nous semble évident que la seule utilité de ces chansons est d’abord de vendre… de la nostalgie, mais surtout du rêve. Ça fait tellement longtemps que Saint-Nicolas boit sa racinette qu’on en oublie presque que le rouge de son costume est celui d’une des plus grosses corporations alimentaires de la planète.

Il y aussi un malaise chez moi quant à l’héritage religieux de cette fête. Ce débat est toujours glissant au Québec, mais les évènements des derniers mois – on peut penser à la montée de l’extrême-droite qui s’exprime maintenant directement dans la rue et dans les médias – me font voir le « Noël blanc » d’un autre œil.

Il faudra se le dire en face un jour : Noël a deux racines. La première remonte à la nativité du Christ et peut difficilement se penser à l’extérieur du christianisme et de l’héritage romain, même en appelant à la tradition. La seconde est beaucoup plus pernicieuse et s’appuie sur un phénomène qui implique encore plus de croyants : le capitalisme.

On nous vend toujours un Noël d’enfant émerveillé. Un affront lorsqu’on pense au rôle réel des enfants dans cette bulle spéculative. D’un côté, ils et elles sont les cibles toutes désignées de cette large campagne de marketing – qui appauvrit d’ailleurs leurs parents- et de l’autre, ils et elles sont la source du travail gratuit – ou très peu rémunéré- qui permet la production des marchandises ailleurs dans le monde.

Ce Noël d’enfant était pourtant seulement émerveillé en raison de la distance symbolique qui nous séparait de la réalité. Idem pour l’époque de nos parents. On oubliait nos problèmes de familles pour aller faire des beaux sourires à la messe de minuit. Qu’elle était belle cette solidarité obligée… la même qui faisait dire « tais-toi» pour protéger la famille.

Les bases d’une solidarité renouvelée

Cette année, plutôt que de sombrer dans ce cynisme qui m’embête, j’essaie de faire un pas de côté. D’abord pour moi, mais surtout pour les autres. Le travail de décolonisation de notre esprit est à faire, et la première étape est d’assumer nos propres biais en se donnant les outils pour fabriquer un miroir et s’observer en face. Enlever ses propres œillères, même lorsqu’on peut avoir l’impression de se trahir, pour pouvoir prendre acte de nos possibilités.

Plutôt qu’un Noël chrétien ou incorporé, revalorisons ce qui gravite autour de nous. D’abord nos proches, ensuite, nos communautés locales.

Achetons moins. Achetons mieux.

Pensons global, agissons local.

Cognons à la porte du voisin, non pour sa charité, mais pour partager.

Ça ne se paie pas Visa d’ailleurs, le commun… sauf que ça change le monde.


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