« La réputation du Canada retrouvé au fond de l’Océan arctique », pouvait-on lire sur la une du site web le Navet il y a quelques semaines. Évidemment, comme bien des sites de canulars, il s’agissait d’une fausse nouvelle, mais à quel point, au fond, avaient-ils mis un doigt sur le bobo? On en parle et on en parle et on se dit que les conservateurs forment un gouvernement guerrier et peu soucieux de la réputation du pays.

Les conservateurs se défendent bien de faire « couler » la réputation en affirmant vouloir aller sauver la veuve et l’orphelin, victimes réelles du Groupe armé État islamique. En entrevue, Raymond Legault du Collectif Échec à la guerre, affirme que c’est une grosse job de relations publiques derrière tout ça.

Il cite bien plus le cas afghan qu’on peut plus facilement analyser avec le recul, que celui actuel. Il sous-entend qu’en allant en Afghanistan, on disait vouloir défendre les droits humains, et ceux des femmes et enfants vivant sous le régime taliban, mais qu’au fond, c’était un coup bien calculé et que les intérêts économiques canadiens se trouvaient bien présents derrière les belles raisons.

Comme un billet de loterie, il n’est pas besoin de gratter beaucoup pour découvrir ce qui se cache derrière la façade polie par le gouvernement. La question qui reste à se poser est : est-ce que la veuve et l’orphelin en valent la peine? John Baird n’a-t-il pas raison, au fond, de dire qu’on ne peut pas rester les bras croisés en regardant des fous furieux massacrer des humains comme du bétail?

Ne serait-ce pas incarner notre propre stupidité de dire : « Non! Qu’ils se débrouillent », alors qu’on a les moyens de les aider? Ils auront beau mettre tous les intérêts économiques derrière tout ça, on en rêvera la nuit en voyant le nombre de morts monter et monter sans cesse.

Évidemment, les actions militaires ne sont pas populaires et Harper le sait. Après tout, c’est lui qui a « terminé » la guerre en Afghanistan. En tant que politicien aguerri, il sait très bien que le militaire n’a pas vraiment la cote auprès des électeurs. Il va plutôt s’enligner sur des questions de valeurs depuis plusieurs années. S’il est prêt à s’engager, c’est certainement qu’il y a un réel besoin quelque part.